Enjeux liés au changement climatique

Sommaire :

Enjeux liés au changement climatique (selon les recommandations de la TCFD)

TotalEnergies soutient les objectifs de l’Accord de Paris qui appelle à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), dans le contexte du développement durable et de la lutte contre la pauvreté, et qui vise à contenir l’élévation de la température moyenne de la planète bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels. Pour atteindre ces objectifs, il est nécessaire de transformer les systèmes énergétiques mondiaux. Le double défi consistant à fournir plus d’énergie au plus grand nombre avec moins d’émissions de GES concerne la société dans son ensemble, où les gouvernements, investisseurs, entreprises et consommateurs ont tous un rôle important à jouer.

Au cœur de l’enjeu climatique, TotalEnergies se fixe comme mission de fournir une énergie plus disponible, plus abordable, plus propre et accessible au plus grand nombre. Dans ce contexte, l’ambition de la Compagnie est d’atteindre la neutralité carbone (zéro émission nette) d’ici à 2050, ensemble avec la société.

Gouvernance

Classification de la TCFD (Task Force on Climate-related Financial Disclosures)
Thématique Recommandations
Gouvernance
Décrire la gouvernance de l’organisation concernant les risques et opportunités relatifs au climat.
a) Décrire la supervision des risques et opportunités relatifs au climat par le Conseil d’administration.
b) Décrire le rôle du management dans l’évaluation et la gestion des risques et opportunités relatifs au climat.

Pour contribuer à apporter des réponses concrètes aux enjeux du changement climatique, TotalEnergies s’appuie sur une organisation et une gouvernance structurées.

Les enjeux climatiques sont portés au plus haut niveau de l’organisation, par le Conseil d’administration et le Comité exécutif (Comex) qui ont pleinement engagé la transformation de TotalEnergies en une compagnie multi-énergies pour en faire un acteur majeur de la transition énergétique.

Lors de l'Assemblée générale du 28 mai 2021, pour la première fois, le Conseil d’administration a souhaité soumettre pour avis aux actionnaires de TotalEnergies SE l’ambition de la Société en matière de développement durable et de transition énergétique vers la neutralité carbone et ses objectifs en la matière à horizon 2030. Cette résolution a été approuvée à plus de 90 % des voix exprimées.

En support des organes de gouvernance de la Compagnie, la direction Sustainability & Climate structure la démarche en matière de climat et accompagne les directions stratégiques et opérationnelles des secteurs d’activité de la Compagnie. La définition et le suivi d’indicateurs permettent de mesurer les progrès accomplis et d’adapter l’action de la Compagnie (les indicateurs sont détaillés à la section « Objectifs et indicateurs pour mesurer les risques et opportunités liés au changement climatique »).

Supervision par le Conseil d’administration

Le Conseil d’administration de TotalEnergies s’attache à promouvoir la création de valeur par l’entreprise à long terme en prenant en considération les enjeux sociaux et environnementaux de ses activités. Il détermine les orientations stratégiques de la Compagnie et examine régulièrement, en lien avec ces orientations stratégiques, les opportunités et les risques tels que les risques financiers, juridiques, opérationnels, sociaux et environnementaux ainsi que les mesures prises en conséquence. Il veille ainsi à ce que les enjeux climatiques soient pris en compte dans la stratégie de la Compagnie et dans les projets d’investissement qui lui sont soumis. Il examine les risques et opportunités liés au changement climatique lors de la revue des perspectives stratégiques des secteurs d’activité de la Compagnie qui a lieu chaque année. Il revoit les performances annuellement.

Les compétences des administrateurs en matière de climat sont présentées au point 4.1.1.5 du Document d’enregistrement universel 2021. Un programme de formation continue des administrateurs en matière de climat a été approuvé en 2021 et sera déployé en 2022. Il comprendra La Fresque du Climat (atelier scientifique, collaboratif et créatif, conçu pour sensibiliser les participants au changement climatique et en particulier à ses causes et à ses conséquences), ainsi que différents modules sur les thèmes suivants : Energy, Climate Change and Environmental Risks ; Energy and Climate ; Climate Change and Financial Risks and Opportunities et Causes et enjeux du réchauffement climatique.

Dans le cadre de ses travaux, le Conseil d’administration s’appuie sur son Comité Stratégie & RSE dont le règlement intérieur a notamment été modifié en septembre 2017 puis en juillet 2018 pour élargir ses missions au champ de la RSE et à la prise en compte de l’enjeu Climat dans la stratégie de la Compagnie. Le Comité Stratégie & RSE s’est notamment réuni les 26 et 27 octobre 2021 pour examiner les enjeux climatiques actuels ainsi que leurs conséquences sur la stratégie de la Société. À cette occasion, le Conseil d’administration a engagé un dialogue avec M. Fatih Birol, directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie.

Le Conseil d'administration intègre également les enjeux climatiques dans les structures de rémunération depuis plusieurs années. En 2021, le Conseil d’administration a décidé de faire évoluer les critères de détermination de la part variable de la rémunération du Président-directeur général en introduisant deux nouveaux critères pour évaluer sa contribution personnelle, pesant 25 % de cette part variable, à savoir le pilotage de la stratégie de transformation vers la neutralité carbone et la croissance profitable dans les renouvelables et l'électricité. La performance CSR est également un critère qualitatif d'évaluation de la contribution personnelle. Elle est évaluée notamment à travers la prise en compte du climat dans la stratégie de la Compagnie, la réputation de la Compagnie dans le domaine de la responsabilité sociétale des entreprises ainsi que la politique de diversité dans toutes ses dimensions. Ces critères complètent les critères quantitatifs en matière HSE et ceux introduits en 2019 relatifs à l’évolution des émissions de GES (Scope 1+2).

La rémunération variable des dirigeants de la Compagnie (environ 300 personnes à fin 2021) comprend un critère lié à la réalisation de l’objectif de réduction des émissions de GES (Scope 1+2).

Depuis 2020, les critères d’attribution des actions de performance attribuées au Président-directeur général et à l’ensemble des salariés de la Compagnie incluent également cet objectif. Lors de sa réunion du 17 mars 2021, le Conseil d’administration a décidé d’introduire un nouveau critère d’attribution des actions de performance lié à l’évolution des émissions indirectes de GES liées à l’utilisation par les clients des produits énergétiques (Scope 3)(1) en Europe (se reporter au point 4.3.2 du Document d’enregistrement universel 2021).

(1) GHG Protocol - Catégorie 11.

Rôle du management

Le Président-directeur général de TotalEnergies assisté de son Comex, conformément aux orientations stratégiques long terme fixées par le Conseil d’administration, met en œuvre la stratégie de la Compagnie en veillant à ce que les enjeux du climat soient pris en compte et déclinés dans des feuilles de route opérationnelles. Les travaux s'appuient notamment sur la cartographie des risques qui inclut les enjeux climatiques.

Une direction Sustainability & Climate qui rapporte à la directrice générale Strategy & Sustainability, membre du Comex, coordonne l'action de la Compagnie dans ce domaine.

Un Comité de pilotage Climat-énergie animé par le directeur Climat qui comprend principalement des représentants des directions Stratégie et HSE au sein des différents secteurs d’activité a pour mission de structurer la démarche de la Compagnie en matière de climat et en particulier de :

  • proposer des objectifs de réduction des émissions de GES pour les activités opérées par la Compagnie ;
  • proposer une stratégie qui permette de réduire l’intensité carbone des produits énergétiques utilisés par les clients de la Compagnie ;
  • suivre les évolutions des marchés de CO2 existants ou en cours d’élaboration ;
  • impulser des initiatives notamment avec des partenaires industriels sur de nouvelles technologies pour permettre la réduction des émissions de GES (efficacité énergétique, captage et stockage du CO2, par exemple).

Stratégie

Classification de la TCFD
Thématique Recommandations
Stratégie
Décrire les impacts existants et potentiels des risques et opportunités relatifs au climat sur les activités de l’organisation, sa stratégie et sa planification financière, dans la mesure où l’information est pertinente.
a) Décrire les risques et opportunités relatifs au climat que l’organisation a identifiés pour le court, moyen et long terme.
b) Décrire les impacts des risques et opportunités relatifs au climat sur les activités de l’organisation, sa stratégie et sa planification financière.
c) Décrire la résilience de la stratégie de l’organisation, en prenant en considération différents scénarios relatifs au climat, y compris un scénario à 2 °C ou moins.

Identification des risques et opportunités liés au changement climatique

Les risques et opportunités associés aux enjeux du changement climatique sont analysés suivant différents horizons de temps : court terme (à deux ans), moyen terme (jusqu’en 2030) et long terme (au-delà de 2030).

L’identification et l’impact des risques associés au changement climatique font partie intégrante des processus globaux de gestion des risques de TotalEnergies. Ils recouvrent notamment les risques de transition incluant ceux liés aux évolutions réglementaires comme la mise en place de taxes carbone, ainsi que les risques physiques liés aux effets du changement climatique.

L’impact de ces risques est analysé pour les actifs de la Compagnie et pour les projets d’investissement (se reporter au point 3.1.1 du Document d’enregistrement universel 2021).

Pour atteindre la neutralité carbone, le mix énergétique devra évoluer et dans ce contexte, le changement climatique peut également présenter des opportunités pour TotalEnergies. Dans les prochaines décennies, la demande en électricité est appelée à croître plus vite que la demande globale en énergie(2) ; la contribution des renouvelables et du gaz pour la génération électrique est donc indispensable dans la lutte contre le changement climatique. L’électricité ne suffira pas à répondre à tous les besoins, notamment ceux liés au transport.

Les risques et opportunités associés aux enjeux du changement climatique sont analysés suivant différents horizons de temps : court terme (à deux ans), moyen terme (jusqu’en 2030) et long terme (au-delà de 2030).

L’identification et l’impact des risques associés au changement climatique font partie intégrante des processus globaux de gestion des risques de TotalEnergies. Ils recouvrent notamment les risques de transition incluant ceux liés aux évolutions réglementaires comme la mise en place de taxes carbone, ainsi que les risques physiques liés aux effets du changement climatique. L’impact de ces risques est analysé pour les actifs de la Compagnie et pour les projets d’investissement (se reporter au point 3.1.1 du Document d’enregistrement universel 2021).

Pour atteindre la neutralité carbone, le mix énergétique devra évoluer et dans ce contexte, le changement climatique peut également présenter des opportunités pour TotalEnergies. Dans les prochaines décennies, la demande en électricité est appelée à croître plus vite que la demande globale en énergie(2) ; la contribution des renouvelables et du gaz pour la génération électrique est donc indispensable dans la lutte contre le changement climatique. L’électricité ne suffira pas à répondre à tous les besoins, notamment ceux liés au transport.

Le gaz et les biocarburants durables(3) seront des alternatives intéressantes et crédibles aux carburants classiques et la Compagnie souhaite les développer. Le développement de la production de gaz s'accompagne de mesures visant à maîtriser les émissions de méthane et de CO2 (Scope 1+2). Ce développement pourra s’accompagner d’une part croissante de biogaz. Le développement de l'hydrogène pourra également contribuer à répondre à la demande en énergie.

Des opportunités existent également dans l’accompagnement des clients en matière d’efficacité énergétique, tendance accélérée avec le digital. TotalEnergies souhaite être innovante pour leur apporter de nouvelles offres de produits et de services. La Compagnie a pour ambition de développer cette approche pour l’industrie, mais aussi pour la mobilité.

Par ailleurs, les écosystèmes, en particulier les forêts, stockent naturellement le carbone. De fait, leur préservation et la restauration de leur rôle de puits de carbone sont un enjeu crucial dans la lutte contre le réchauffement climatique. TotalEnergies entend poursuivre le développement de ses activités dans les puits naturels de carbone.

Enfin, un certain nombre de secteurs comme le ciment ou l’acier pourraient avoir des difficultés à réduire leurs émissions de GES. Ils auront donc besoin des technologies de captage, stockage et valorisation de CO2 (CCUS). La Compagnie entend ainsi accélérer le développement du CCUS.

(2) AIE, World Energy Outlook 2021.

(3) Selon les critères de durabilité et de réduction des gaz à effet de serre définis dans l'article 29 de la Directive européenne du 11 décembre 2018 relative à la promotion de l'utilisation de l'énergie produite à partir de sources renouvelables.

Impact des risques et opportunités liés au changement climatique

Notre Stratégie : une Compagnie intégrée multi-énergies

Une vision de TotalEnergies Net Zero en 2050, ensemble avec la société

Les travaux engagés depuis un an ont permis de consolider la vision d’une entreprise TotalEnergies net zero en 2050, ensemble avec la société, leader de la transition énergétique – en se fondant notamment sur la vision Net Zero portée par l’AIE. Réinventer un système énergétique net zero, c’est produire des électrons décarbonés, produire des molécules décarbonées et développer des puits de carbone pour absorber le CO2 en provenance des hydrocarbures résiduels (par exemple pour la chimie). Les développements qui suivent complètent l’ambition proposée aux actionnaires en mai 2021.

En 2050 :

  • TotalEnergies produirait environ 50 % d’énergie sous forme d’électricité renouvelable avec les capacités de stockage correspondantes, soit environ 500 TWh/an, ce qui suppose de développer environ 400 GW de capacités renouvelables.
  • TotalEnergies produirait environ 25 %, soit l’équivalent de 50 Mt/an, de molécules décarbonées énergétiques, soit sous forme de biogaz, soit sous forme d’hydrogène, soit sous forme de carburants liquides synthétiques grâce à la réaction circulaire : H2 + CO2 = « e–fuels ».
  • TotalEnergies produirait environ 1 Mb/j d’hydrocarbures (soit près de 4 fois moins qu’en 2030, en cohérence avec la décroissance envisagée par le scénario Net Zero de l'AIE), essentiellement du gaz naturel liquéfié à hauteur d’environ 0,7 Mb/j, soit 25 à 30 Mt/an, et du pétrole à très faible coût pour le reste. Ce pétrole serait notamment utilisé dans la pétrochimie pour produire environ 10 Mt/an de polymères - dont les deux tiers viendraient de l’économie circulaire.
  • Ces hydrocarbures représenteraient des émissions résiduelles Scope 1 d’environ 10 Mt CO2e/an, y compris des émissions de méthane proches de zéro (inférieures à 0,1 Mt CO2e/an), qui seraient intégralement compensées par des projets de solutions fondées sur la nature à la source de puits de carbone.
  • Ces hydrocarbures représenteraient des émissions de Scope 3 d’environ 100 Mt CO2e/an. Pour atteindre la neutralité carbone ensemble avec la société, TotalEnergies contribuerait à « éliminer » l’équivalent de 100 Mt CO2/an produits par ses clients grâce au développement de deux activités :
    • une activité de service de stockage de carbone pour ses clients qui stockerait annuellement de 50 à 100 Mt CO2e/an ;
    • une activité industrielle de « e-fuels » qui éviterait de 25 à 50 Mt CO2e/an aux clients de la Compagnie en le produisant avec 100 % d'hydrogène vert tout en palliant l'intermittence des énergies renouvelables pour se substituer à des énergies fossiles.

Il s’agit donc dans les dix années qui viennent de construire les compétences et les projets qui vont permettre de construire le TotalEnergies, énergéticien Net Zéro en 2050, ensemble avec la société.

Notre offre multi–énergies : ambition 2030 et progrès 2021

Pour atteindre la neutralité carbone, le mix énergétique mondial devra fortement évoluer, alors qu'il repose encore aujourd'hui à plus de 80 % sur des énergies fossiles(4). Les marchés de l’électricité bas carbone et des produits gaziers (gaz naturel, biogaz et hydrogène) sont appelés à croître. Au contraire, l'élimination du charbon ainsi qu'une stabilisation puis un déclin de la demande en pétrole sont nécessaires.

TotalEnergies se positionne dès à présent sur cette offre énergétique de demain et diversifie pour cela son mix énergétique, en réduisant la part de ses produits pétroliers et en renforçant le gaz naturel, énergie de transition, et l’électricité renouvelable.

Le mix énergétique de ses ventes va donc fortement évoluer et pourrait représenter en 2030, 50 % de gaz naturel, 30 % de produits pétroliers, 15 % d’électricité en majorité renouvelable et 5 % de biomasse et hydrogène.

Cette évolution du mix vers des produits moins carbonés permettra de baisser l'intensité carbone cycle de vie des produits énergétiques vendus d'au moins 20 % d'ici 2030.

Nos productions

TotalEnergies vise un pic de production de pétrole au cours de la décennie, puis une réduction pour atteindre de l’ordre de 1,4 Mb/j en 2030. Pour le gaz, la croissance visée entre 2015 et 2030 est de l'ordre de 50 % (de 1,3 Mbep/j à 2 Mbep/j) et pour l'électricité, l'objectif est de 120 TWh en 2030, contre 1,7 TWh en 2015.

En 2021, la Compagnie a augmenté sa production d'énergie de près d'un quart depuis 2015.

Nos ventes

La Compagnie réduit ses ventes de produits pétroliers pour viser un alignement d'ici 2030 avec sa production, autour de 1,4 Mb/j, tandis que les ventes de gaz et d'électricité vont fortement croître (x2 pour le gaz, x20 pour l'électricité sur la période 2015-2030).

L'intensité carbone cycle de vie de nos produits

En 2021, TotalEnergies a poursuivi ses progrès sur l'évolution du mix, grâce à des augmentations de ventes de GNL (+10 % à 42 Mt en 2021 vs. 2020) et d'électricité (+20 % à 57 TWh en 2021 vs. 2020) ainsi que des baisses de ventes sur les produits pétroliers (-10 %). L'intensité carbone cycle de vie des produits vendus a donc poursuivi son amélioration en baissant de 2 % (hors effet Covid).

Les leviers pour décarboner le mix de la Compagnie sont les suivants.

La croissance de l’électricité contribuera pour près des deux tiers à la baisse de l’intensité carbone entre 2015 et 2030. Le deuxième levier correspond à la réduction des ventes de produits pétroliers et la croissance de la production de gaz (en particulier le GNL) et des ventes de produits issus de la biomasse.

Enfin, les puits de carbone et la réduction des émissions des installations de la Compagnie contribueront chacun de l’ordre de 5 % à la baisse de l’intensité.

(4) Source : IEA Key World Energy Statistics 2021.

Électricité : devenir un leader mondial de l'électricité renouvelable en s'intégrant sur la chaîne de la production à la vente

100
GW
de capacités brutes de génération électrique d’origine renouvelable à horizon 2030

TotalEnergies a l'ambition de devenir l'un des 5 premiers producteurs mondiaux d’électricité renouvelable (éolien et solaire). En 5 ans, la Compagnie a investi plus de 10 milliards de dollars, essentiellement dans l'électricité photovoltaïque et l'éolien offshore, soit 2 G$/an en moyenne. En 2021, TotalEnergies a porté ses investissements dans l’électricité et les renouvelables à plus de 3 G$, soit 25 % de ses investissements nets. TotalEnergies prévoit de financer plus de 60 G$ d’investissements dans des capacités de production d'électricité renouvelable d'ici à 2030.

La Compagnie investit de manière rentable, en sanctionnant des projets avec des rentabilités supérieures à 10 %(5), avec un mix entre les marchés régulés et les marchés dérégulés s'inscrivant dans un modèle intégré sur l'ensemble de la chaine de valeur de l'électricité. L'EBITDA(6) de cette activité « Électricité et Renouvelables » a ainsi dépassé 1 G$ en 2021.

En 4 ans, la capacité brute installée d’électricité renouvelable est passée de 0,7 GW en 2017 à plus de 10 GW fin 2021. L'objectif est d’atteindre 35 GW de capacité brute en 2025, puis 100 GW en 2030. La capacité 2025 repose sur des projets identifiés en développement. L'objectif de TotalEnergies est ainsi de faire passer sa production d'électricité de 21 TWh en 2021 à 120 TWh en 2030.

La forte présence internationale de la Compagnie lui confère un avantage compétitif pour identifier et développer des projets renouvelables rentables. C’est pourquoi TotalEnergies a créé en 2021 un réseau d’« explorateurs renouvelables » dans une soixantaine de ses pays d’implantation.

Depuis 2015, TotalEnergies a constitué un portefeuille de génération électrique flexible à partir de centrales à gaz (CCGT), d'une capacité de 4 GW fin 2021. Les centrales à gaz complètent le développement des énergies renouvelables, en soutenant le réseau lors des pics de demande ou lorsque le soleil ou le vent ne sont pas suffisants. À terme, ces capacités ont vocation à être décarbonées, soit via leur approvisionnement (biométhane ou hydrogène), soit via la séquestration de leurs émissions (CCS).

Nouvelle accélération en 2021 dans le solaire photovoltaïque

Le portefeuille solaire de la Compagnie a connu une forte accélération en 2020 et à nouveau en 2021, en particulier en Inde et aux États-Unis. Son développement va se poursuivre, l'énergie solaire représentant les trois quarts des 35 GW que la Compagnie veut développer d'ici 2025.

Poursuite en 2021 de la montée en puissance de l'éolien offshore

L’éolien offshore offre des taux d’utilisation élevés, avec un potentiel de développement important et une meilleure acceptabilité que l’éolien terrestre, notamment en Europe. TotalEnergies y voit un fort potentiel de croissance d’autant que la Compagnie peut ainsi valoriser l’expertise de ses équipes dans la gestion et les opérations de grands projets offshore.

Le portefeuille de projets éoliens en mer de la Compagnie comptabilise une capacité totale de plus de 10 GW, dont deux tiers d'éolien fixe et un tiers d'éolien flottant.

Lancement en 2021 de plusieurs projets de stockage stationnaire d'électricité en soutien des renouvelables

Les projets de stockage d’électricité sont nécessaires pour pallier l’intermittence des projets solaires ou éoliens, garantir la stabilité des réseaux électriques et en tirer le meilleur parti compte tenu de la volatilité journalière des marchés de l’électricité. TotalEnergies bénéficie sur ce segment de l’expertise technologique de Saft qui a également pour ambition de tirer parti de ce marché en forte croissance.

(5) Rentabilité sur capitaux propres, y compris cessions partielles.

(6) L’EBITDA (Earnings Before Interest, Tax, Depreciation and Amortization) ajusté correspond au résultat ajusté avant amortissements et dépréciations des immobilisations incorporelles, corporelles et droits miniers ; charge d’impôt et coût de la dette nette, soit l’ensemble des produits et charges opérationnels et quote-part du résultat des sociétés mises en équivalence.

Le gaz naturel : énergie de transition

Le gaz naturel est pour TotalEnergies une énergie clé de la transition : il assure tout d'abord un rôle majeur dans la génération électrique par sa flexibilité et sa capacité à répondre à une demande en forte croissance avec l’électrification des usages. Il est deux fois moins émetteur de GES que le charbon dans la génération électrique et permet, en s'y substituant, des réductions d'émissions substantielles, comme cela est déjà le cas aux États-Unis et au Royaume-Uni. Bien entendu, la condition impérative pour que le gaz puisse assurer ce rôle est que tous les acteurs de la chaîne, les entreprises comme les États, se mobilisent pour lutter contre les émissions de méthane, ainsi que l’a rappelé la COP 26 à Glasgow avec l’engagement de 105 États de réduire de 30 % celles-ci d’ici 2030. L'engagement de la Compagnie est une baisse de 80 % d'ici 2030(7).

Principales forces du gaz

  • des ressources largement disponibles et bien redistribuées à l'échelle mondiale grâce au GNL
  • une solution simple et immédiate pour décarboner l'électricité ainsi que l'industrie, en particulier dans les secteurs fortement consommateurs d'énergie (sidérurgie, cimenteries etc…)
  • un partenaire idéal des énergies renouvelables, par nature intermittentes et saisonnières
  • au cœur des feuilles de route de nombreux pays consommateurs de charbon vers leur ambition net zero
  • une source pour le développement massif d'hydrogène bleu avec des technologies de captage et de séquestration (CCS)

La stratégie de TotalEnergies

  • augmenter la part du gaz à 50 % de son mix de ventes d'ici 2030
  • consolider sa position dans le top 3 du GNL
  • intégrer l'ensemble de la chaîne de valeur du gaz, de la production au trading, en passant par les centrales électriques à gaz et la distribution
  • réduire les émissions de cette chaîne de valeur, éliminer les émissions de méthane
  • s'associer à des partenaires locaux pour promouvoir le passage du charbon au gaz

Être dans le top 3 du GNL bas carbone en 2030

Liquéfié, le gaz naturel peut être transporté et acheminé au plus près des lieux de consommation. La demande mondiale de GNL est en forte croissance avec 9 % /an entre 2015 et 2021. Avec 42 Mt vendues en 2021, TotalEnergies est le deuxième acteur privé mondial du GNL et son objectif est d’atteindre 50 Mt par an d’ici 2025, c’est-à-dire de maintenir une part de marché mondiale de 10 %. En 2021, 99 % des ventes de GNL de la Compagnie ont été destinées à des pays engagés vers la neutralité carbone.

Réduire l'intensité d'émissions de notre chaîne GNL

Cette croissance nécessite d’être exemplaire en termes d'émissions de GES. Pour baisser les émissions le long de la chaîne du GNL, la priorité de la Compagnie est de réduire les émissions de méthane, et TotalEnergies travaille également à l'amélioration de la performance des usines de liquéfaction, notamment aux États-Unis, au Qatar et en Russie, avec des projets d’efficacité énergétique, d’électrification à partir d’énergie renouvelable solaire et éolienne et des projets de captage et de stockage du CO2 natif. Enfin, la Compagnie renouvelle sa flotte de méthaniers, les nouveaux navires émettant en moyenne 40 % de CO2 de moins que les navires plus anciens.

(7) Se reporter au point « Éliminer les émissions de méthane » plus loin dans ce chapitre.

Les produits pétroliers : s'adapter à la demande

Une stagnation, puis une baisse, de la demande de produits pétroliers est anticipée d'ici 2030 grâce aux progrès technologiques et à l’évolution des usages. Suivra une réduction significative de la demande à horizon 2050. Ces produits feront face à des exigences de plus en plus fortes de limitation des émissions liées à leur extraction et à leur usage.

TotalEnergies réduit donc la part des produits pétroliers dans ses ventes de 65 % en 2015 à 44 % en 2021 avec un objectif de 30 % en 2030.

L'objectif est de ne pas vendre plus de produits pétroliers que la production de pétrole de la Compagnie, qui elle-même passera par son maximum au cours de la décennie avant de décroître, soit environ 1,4 Mb/j en 2030.

Pour satisfaire cette demande, des investissements restent nécessaires compte tenu du déclin naturel des champs. TotalEnergies privilégie les projets pétroliers à coûts techniques bas (typiquement moins de 20 $/b) et à point mort bas (typiquement moins de 30 $/b). Tous les nouveaux projets sont évalués au regard de leur contribution à l’intensité carbone moyenne de leur catégorie dans le portefeuille Amont et chaque projet sanctionné doit contribuer à baisser cette intensité. TotalEnergies limite les nouveaux développements d’hydrocarbures aux champs les moins émetteurs. Ainsi, TotalEnergies a décidé en 2021 de quitter le Vénézuéla, considérant que la production des pétroles lourds de l’Orénoque ne répondrait pas à ses objectifs d’émissions de GES.

Les projets Tilenga et EACOP en Ouganda ont par ailleurs été approuvés avec un faible coût technique (11 $/b) et des émissions de CO2 significativement inférieures à celles du portefeuille actuel (13 kg CO2/b vs. 18 kg CO2/b).

Fin 2021, la Compagnie a renforcé sa présence dans l'offshore au Brésil sur les champs d’Atapu et de Sépia correspondant à des réserves à faibles coûts et faibles émissions.

Par ailleurs, TotalEnergies respecte des zones d'exclusion et des bonnes pratiques environnementales. La Compagnie ne conduira pas d’exploration pétrolière en zone de banquise arctique et n’approuvera aucune augmentation de capacités dans les sables bitumineux au Canada.

En septembre 2021, TotalEnergies a signé des accords multi-énergies d’envergure en Irak couvrant la construction d’un réseau de collecte et d’unités de traitement de gaz, d’une unité de grande capacité de traitement d’eau de mer et d’une centrale photovoltaïque d’une capacité de 1 GW.

Promouvoir la gestion circulaire des ressources

TotalEnergies a rejoint en 2022 la Platform for Accelerating the Circular Economy (PACE). Cette initiative lancée par le Forum Économique Mondial et actuellement hébergée par le World Resources Institute (WRI) vise à accélérer la transition vers une économie plus circulaire. La Compagnie s'engage à doubler la circularité de ses business au cours des dix prochaines années. TotalEnergies contribue à l’économie circulaire à différents points de la chaine de valeur : au travers de ses achats, au travers de ses ventes, de sa production et aussi de la gestion de ses propres déchets.

Les biocarburants

Les biocarburants émettent sur leur cycle de vie moins de 50 % de CO2e par rapport à leurs équivalents fossiles (conformément aux normes européennes) et représentent donc un élément de la décarbonation des carburants liquides. La capacité actuelle de production de biocarburants de TotalEnergies est de 500 kt/an, issus principalement de la raffinerie de la Mède en France. L'objectif de la Compagnie va bien au-delà : 2 Mt en 2025 et 5 Mt en 2030 à produire de manière durable.

Aujourd’hui, plus de 90 % des biocarburants sur le marché sont de première génération, c’est-à-dire produits à partir d'huiles végétales ou de sucre (vierges). TotalEnergies investit dans des projets de biocarburants avancés, à base de graisses animales ou d’huiles usagées, limitant ainsi le conflit d’usage et l’impact sur les terres arables. Ces biocarburants avancés viendront compléter l’éventail des biocarburants de première génération. Au-delà, TotalEnergies investit dans la R&D sur des biocarburants dits de deuxième ou troisième génération à partir de microalgues, mais ils posent encore de nombreux défis technologiques.

Pour répondre à son ambition d’être un leader sur le marché des biocarburants, TotalEnergies a transformé sa raffinerie de La Mède en France en une bioraffinerie de taille mondiale. Le site produit désormais de l’HVO (précurseur du biodiesel et du SAF), du bionaphta (précurseur de polymères d'origine renouvelable) et du bioGPL (gaz liquéfié d'origine renouvelable), pour des usages de mobilité ou de chauffage.

Les matières premières agricoles utilisées respectent des exigences de durabilité et de traçabilité : bilan carbone, non-déforestation et bonne utilisation des terres. La Compagnie s'est engagée à cesser dès 2023 les approvisionnements en huile de palme et a pour objectif de faire progresser la part des déchets (huiles usagées, graisses animales) à 50 % d’ici 2025. La future plateforme zéro pétrole de Grandpuits produira aussi des biocarburants.

Le biogaz

Le biogaz, produit de la dégradation de déchets organiques, est un gaz renouvelable, principalement composé de méthane. Compatible avec les infrastructures existantes de transport et de stockage, il a un rôle clé à jouer pour décarboner les produits gaziers et réduire les émissions de GES en développant une économie circulaire. La Compagnie a pour objectif de produire 2 TWh/an de biométhane dès 2025, et plus de 5 TWh/an en 2030 au niveau mondial.

Début 2021, TotalEnergies est devenu un acteur majeur du biogaz en France via l’acquisition de Fonroche Biogaz avec 500 GWh de capacité installée. Fin 2021, TotalEnergies et Clean Energy Fuel Corp(8) ont lancé la construction de leur première unité de production de biométhane, à Friona au Texas. Le biométhane produit sera utilisé comme carburant alternatif pour la mobilité, participant ainsi à la décarbonation du transport routier. L’installation sera alimentée par les effluents d’élevage de l’exploitation laitière et produira plus de 40 GWh/an de biométhane permettant d’éviter 45 kt CO2e/an.

Début 2022, TotalEnergies et Veolia se sont associés pour valoriser le biométhane issu d‘installations de traitement de déchets et d’eaux usées de Veolia en opération dans plus de 15 pays, avec l’ambition de produire jusqu’à 1,5 TWh/an de biométhane d’ici à 2025.

L’hydrogène

L’hydrogène joue le rôle de passerelle entre une source d’énergie primaire et ses usages finaux et ne génère aucune émission de CO2 au cours de son cycle de vie si son processus de production est décarboné. L’accroissement de la production d’électricité renouvelable crée l’opportunité de produire de l’hydrogène vert par électrolyse de l’eau sur base d’électricité décarbonée. Le développement du stockage de carbone permet aussi le développement d’un hydrogène bleu à partir du gaz naturel.

Les objectifs de l’Union Européenne – plus de 40 GW d’électrolyseurs alimentés par de l’électricité renouvelable pour produire jusqu’à 10 Mt/an d’hydrogène renouvelable d’ici 2030(9) – favorisent l’accélération des projets d’hydrogène décarboné, en particulier pour les industries où la décarbonation et/ou l’électrification est difficile. TotalEnergies travaille avec ses fournisseurs et partenaires à décarboner l’intégralité de l’hydrogène consommé dans ses raffineries européennes d’ici 2030, ce qui représente une réduction d’émissions de CO2 de 3 Mt/an. L'ambition de la Compagnie est d’être pionnière dans la production de masse d’hydrogène propre et bas carbone afin de pouvoir répondre à la demande d’hydrogène carburant dès qu’elle décollera.

TotalEnergies, associée à Engie, développe le projet « Masshylia » d’hydrogène vert sur le site de la bioraffinerie de La Mède. Il sera alimenté par des fermes solaires et éoliennes d’une capacité de près de 300 MW. L’électrolyseur de 125 MW produira plus de 10 kt/an d’hydrogène vert, répondant aux besoins de la bioraffinerie et permettra de réduire ses émissions de 140 kt CO2/an.

Sur la raffinerie de Zeeland, il est prévu de capturer le carbone du SMR (Steam Methane Reformer) qui produit l’hydrogène sur base de gaz naturel et de développer également un électrolyseur de 150 MW qui a vocation à être relié à un champ éolien offshore. Au total, la Compagnie a six projets en cours en Europe.

Les carburants de synthèse ou e-fuels

La production de carburants de synthèse dérivés d’hydrogène renouvelable et de CO2 capté fait partie des avancées prometteuses pour décarboner le secteur des transports. Le rythme de montée en puissance de ces carburants synthétiques dépendra du développement de l’hydrogène vert. En dehors d’être bas carbone, ils présentent le grand avantage de recycler le CO2. Les e-fuels font ainsi partie des solutions permettant d’atteindre la neutralité carbone nette via des technologies de capture et utilisation du carbone.

TotalEnergies se positionne sur ce marché, notamment pour contribuer à décarboner le secteur aérien via des carburants liquides durables. Début 2022, aux Émirats Arabes Unis, TotalEnergies a rejoint l’initiative de Masdar et Siemens Energy pour construire une unité pilote de production d’hydrogène vert qui sera utilisé pour convertir du CO2 en carburant aérien durable.

Les bioplastiques et plastiques recyclés

L'économie circulaire des plastiques repose sur trois axes :

  • Axe 1 : Le recyclage mécanique, qui est la technologie la plus mature du marché. Elle traite des matières premières issues du tri collectif et des centres de collecte et est adaptée aux besoins de marchés comme l'automobile ou la construction. La filiale de la Compagnie, Synova, s’inscrit dans cet axe avec ses 45 kt de capacité de production fin 2021 et l’ambition de produire 100 kt à compter de 2025.
  • Axe 2 : Le recyclage chimique permet de traiter des déchets non recyclables mécaniquement et d'adresser d'autres marchés, comme ceux des plastiques à usage alimentaire. TotalEnergies produit aujourd’hui des polymères recyclés chimiquement sur sa plateforme d’Anvers, à partir du TACoil produit par son partenaire Plastic Energy avec lequel la Compagnie est aussi associée pour construire une unité de production à Grandpuits. TotalEnergies a également noué un partenariat avec Honeywell pour promouvoir le recyclage chimique des plastiques en Europe et aux Etats-Unis.
  • Axe 3 : Les bioplastiques. La Compagnie propose à ses clients des biopolymères issus pour partie du traitement de charges d'origine biologiques (huiles végétales, huiles alimentaires usagées) aujourd'hui transformées sur la bioraffinerie de La Mède, et demain sur celle de Grandpuits, et pour partie du PLA(10), un bioplastique sur base d’amidon ou de sucre, recyclable et biocompostable, produit par sa co-entreprise avec Corbion aujourd'hui sur l'usine PLA de Rayong (Thaïlande) et demain sur celle en construction à Grandpuits (France).

En 2021, TotalEnergies a produit 60 kt de plastique recyclé ou bio. Son ambition est de produire 30 % de polymères recyclés ou bio d'ici 2030, soit 1 million de tonnes.

(8) TotalEnergies détient une participation de 19,09% dans le capital de Clean Energy Fuels Corp., société américaine cotée au NASDAQ (au 31 décembre 2021).

(9) Source : A hydrogen strategy for a climate-neutral Europe, Commission Européenne, 2020.

(10) PLA : Poly Lactic Acid.

Notre ambition climat : zéro émission nette en 2050, ensemble avec la société

Le mix énergétique mondial doit évoluer pour que les objectifs de l’Accord de Paris puissent être atteints. Dans ce contexte, TotalEnergies, en tant que compagnie multi-énergies, intègre cette évolution dans sa stratégie et s’est donné comme ambition d’atteindre la neutralité carbone (zéro émission nette) d’ici à 2050, ensemble avec la société.

TotalEnergies promeut une politique de réduction des émissions de GES structurée sur les principes suivants par ordre de priorité :

  • éviter les émissions ;
  • les réduire en utilisant les meilleures technologies disponibles ;
  • compenser les émissions résiduelles ainsi minimisées.

TotalEnergies se fixe sur des objectifs intermédiaires à horizon 2030 :

Au niveau mondial

1. Atteindre en 2050 ou avant la neutralité carbone (zéro émission nette) pour les activités opérées de TotalEnergies (Scope 1+2) avec pour objectifs intermédiaires de :

  • réduire les émissions de GES (Scope 1+2) de ses installations opérées de 46 Mt CO2e en 2015 à moins de 40 Mt CO2e d'ici 2025 ;
  • réduire les émissions nettes(11) de GES (Scope 1+2) pour ses activités opérées d’au moins 40 % à horizon 2030 par rapport à 2015, portant ainsi les émissions nettes entre 25 Mt et 30 Mt CO2e.

Ces objectifs sur les émissions opérées intègrent les émissions liées à la stratégie de croissance dans l’électricité mises en œuvre depuis 2015 qui a conduit à constituer un portefeuille de génération électrique flexible de CCGT. Ces émissions de CCGT qui étaient quasiment nulles en 2015 représentent 4 Mt CO2e en 2021 et pourraient représenter plus de 6 Mt CO2e en 2025.

2. Atteindre en 2050 ou avant la neutralité carbone (zéro émission nette) pour les émissions indirectes de GES liées à l’utilisation par ses clients des produits énergétiques (Scope 3), ensemble avec la société. Cet axe suppose pour TotalEnergies de travailler activement avec ses clients car cela signifie qu'ils réduisent leurs émissions directes (Scope 1+2) qui correspondent aux émissions indirectes Scope 3 de TotalEnergies.

La Compagnie s’est fixé comme objectifs intermédiaires à horizon 2030 de réduire :

  • les émissions de GES Scope 3 liées à l’utilisation par ses clients des produits énergétiques à un niveau inférieur à 400 Mt CO2e, donc plus bas que le niveau de 2015, malgré la croissance de sa production d’énergie dans la décennie à venir ;
  • les émissions de GES Scope 3 des produits pétroliers vendus dans le monde de plus de 30 % par rapport à 2015 ;
  • l’intensité carbone moyenne des produits énergétiques utilisés par les clients de plus de 20 % par rapport à 2015. À l'horizon 2025, la réduction visée est d'au moins 10 %.

En Europe(12)

3. Atteindre en 2050 ou avant, la neutralité carbone (zéro émission nette) des produits énergétiques sur toute la chaîne de valeur (depuis la production jusqu’à l’utilisation par ses clients) (Scope 1+2+3), ensemble avec la société. Comme l’Europe représente aujourd’hui pour la Compagnie environ la moitié des émissions indirectes de GES liées à l’utilisation par ses clients des produits énergétiques (Scope 3) et que l’Europe s’est fixé des objectifs ambitieux à horizon 2030 en route vers la neutralité carbone, TotalEnergies veut contribuer activement à cette ambition pour l’Europe.

La Compagnie s’est fixée comme objectif intermédiaire à horizon 2030 de :

  • réduire les émissions de GES des produits énergétiques sur toute la chaîne de valeur (depuis la production jusqu’à l’utilisation par ses clients) (Scope 1+2+3) d'au moins 30 % par rapport à 2015
  • réduire les émissions de GES liées à l’utilisation par les clients des produits énergétiques (Scope 3) en Europe, en valeur absolue, d'au moins 30 % par rapport à 2015.

(11) Le calcul des émissions nettes prend en compte les puits naturels de carbone comme la forêt, l’agriculture régénérative et les zones humides.

(12) L’Europe désigne l’Union Européenne, la Norvège, le Royaume-Uni, ainsi que la Suisse.

Nos leviers pour atteindre notre ambition zéro émission nette

Pour répondre à son ambition de neutralité carbone en 2050, ensemble avec la société, TotalEnergies se transforme en compagnie multi-énergies et déploie des plans d’action précis pour réduire ses émissions et atteindre ses objectifs à court et moyen terme. La Compagnie agit pour :

  • réduire les émissions de ses installations industrielles opérées (Scope 1+2) de plus de 40% d’ici 2030 et rendre compte des progrès obtenus sur ses installations opérées et non opérées ;
  • réduire les émissions indirectes associées à ses produits (Scope 3), ensemble avec la société c’est-à-dire avec ses clients, ses fournisseurs, ses partenaires et les autorités publiques, en contribuant à la transformation de la demande énergétique de ses clients.

1) Réduire les émissions Scope 1+2 en utilisant les meilleures technologies disponibles

Nos objectifs

La première responsabilité d'opérateur industriel de TotalEnergies est de baisser les émissions issues de ses activités.

TotalEnergies a rendu public début 2019 son objectif de diminuer les émissions de ses installations opérées à moins de 40 Mt d’ici 2025, et s’est fixé un objectif de réduction en 2030 d’au moins 40 % par rapport à 2015 des émissions nettes Scope 1+2 (y compris puits de carbone) pour ses activités opérées.

Ces objectifs sur les émissions opérées intègrent les émissions liées à la stratégie de croissance dans l’électricité mises en œuvre depuis 2015 qui a conduit à constituer un portefeuille de génération électrique flexible de CCGT. Ces émissions de CCGT qui étaient quasiment nulles en 2015 représentent 4 Mt en 2021 et pourraient représenter plus de 6 Mt en 2025.

Le principal levier pour atteindre ces objectifs est de développer des projets de réduction des émissions sur les sites industriels, en utilisant les meilleures technologies disponibles : amélioration de l'efficacité énergétique, baisse du torchage, réduction des émissions de méthane, approvisionnement en électricité renouvelable, et enfin CCS pour les émissions résiduelles.

Pour atteindre l’objectif d’émissions nettes, les projets fondés sur la nature (NBS, Nature Based Solutions) permettront en 2030 de compenser une partie limitée des émissions (de 5 à 10 Mt CO2e/an).

Depuis fin 2018, une équipe dédiée à la réduction des émissions de GES, les « CO2 Fighters » traque les émissions de GES partout dans la Compagnie. L'objectif est de stimuler la culture bas-carbone au sein de TotalEnergies, d'initier des projets d’efficacité énergétique et d'accélérer l’électrification d’installations ainsi que le verdissement des consommations énergétiques.

L’équipe a suivi plus de 400 projets de réduction des émissions de GES, dont une majorité ayant un coût inférieur à dix dollars par tonne de CO2. D’ici 2025, 160 projets dans l’amont et plus de 200 dans l’aval devraient permettre de réduire les émissions Scope 1+2 de 2,5 Mt CO2e et 4,5 Mt CO2e respectivement.

Un objectif de réduction en 2030 en phase avec les objectifs 2030 des pays Net Zero 2050

TotalEnergies s'est fixé un objectif de baisse d'au moins 40 % des émissions nettes (Scope 1+2) de ses installations opérées entre 2015 et 2030 en ayant en tête les objectifs pour 2030 de l'Union Européenne ainsi que ceux des pays engagés vers la neutralité carbone en 2050 dans le cadre de l'Accord de Paris.

Pour qualifier le niveau de cette ambition, la Compagnie a confié une analyse des engagements de réduction des émissions de GES à horizon 2030 des pays engagés vers la neutralité carbone en 2050 post COP26 de Glasgow à deux acteurs tiers indépendants reconnus pour leur expertise du secteur de l’énergie et de la décarbonation : Carbone 4, cabinet de conseil spécialisé dans la stratégie bas-carbone en France, et le Center on Global Energy Policy de l’université Columbia aux États- Unis.

Ces engagements pour chaque pays, issus de leur CDN (Contribution Déterminée au niveau National), portent sur leurs émissions directes, sur leur territoire, analogues au Scope 1 des entreprises.

Carbone 4 distingue 2 périmètres :

  • un périmètre restreint aux pays qui mentionnent dans leur CDN explicitement leur ambition de neutralité 2050 c’est-à-dire ayant fixé leur engagement 2030 en cohérence avec cette neutralité
  • un périmètre élargi à l'ensemble des pays ayant annoncé publiquement leur ambition de neutralité 2050, notamment à l’occasion de la COP26, y compris ceux qui n'ont pas mis à jour leur CDN depuis.

Le périmètre restreint correspond donc aux 35 pays(13) les plus ambitieux : leur engagement de baisse de leurs émissions nettes(14) est de 39 à 40 % entre 2015 et 2030. Le périmètre élargi correspond à 43 pays(15) engagés à une réduction de 28 à 31 % sur la même période.

De son côté, le Center on Global Energy Policy de l’université de Columbia évalue dans son étude(16) l'engagement de réduction à 27 % entre 2015 et 2030 pour l'ensemble des pays ayant pris un engagement Net Zero en 2050.

Pour l'Union Européenne, dans le cadre de son programme « Fit for 55 », l'objectif de baisse de 55 % entre 1990 et 2030 correspond à une baisse de 37 % entre 2015 et 2030(17).

Le scénario NZE de l'AIE

Dans son scénario 1,5 °C, l'AIE vise une neutralité carbone en 2050 qui passe par une baisse des émissions nettes de l’énergie de 39 % entre 2015 et 2030 (de 34 à 21 Gt CO2).

Nos progrès en 2021

Les émissions Scope 1+2 ont baissé de 41,5 Mt à 37,0 Mt (hors effet COVID) entre 2020 et 2021, grâce à la concrétisation de 120 initiatives de réduction des émissions à travers la Compagnie et à la gestion du portefeuille en ligne avec la stratégie de la Compagnie (cession de la raffinerie de Lindsey au Royaume-Uni et arrêt de Grandpuits en France).

A l’inverse, ces données intègrent le démarrage de deux usines de génération électrique à cycle combiné (CCGT).

(13) UE-27, États-Unis, Japon, Canada, Australie, Royaume-Uni, Corée du Sud, Argentine, Afrique du Sud.

(14) Intégrant les capacités de séquestration des forêts.

(15) Périmètre restreint + Brésil, Colombie, Israël, Émirats Arabes Unis, Pérou, Thaïlande, Malaisie, Vietnam.

(16) “Tallying updated NDCs to gauge emissions reductions in 2030 and progress toward Net Zero" publiée le 2 mars 2022.

(17) UE 27, si on y ajoute les objectifs de la Norvège, du Royaume-Uni et de la Suisse, l'ambition de baisse est de 39 % entre 2015 et 2030.

Améliorer l'efficacité des installations de la Compagnie

Une partie des émissions directes des installations de la Compagnie correspond à des pertes énergétiques, par brûlage dans des torchères, évacuation dans des évents(18) ou émissions fugitives. Cette partie est minoritaire (de l'ordre de 15 %) mais doit être réduite en priorité. La seconde partie, plus importante (de l'ordre de 85 %) correspond à un usage de l'énergie, soit par combustion, par exemple pour générer de l'électricité, soit au sein de procédés industriels, et fait l'objet de projets d'amélioration de l'efficacité énergétique de la Compagnie.

Réduire le brûlage

La limitation du brûlage de routine est une priorité pour baisser les émissions de GES. Depuis 2000, TotalEnergies a pris l’engagement de ne plus y recourir pour ses nouveaux projets. Membre fondateur de l’initiative « Zero Routine Flaring by 2030 » de la Banque Mondiale depuis 2014, la Compagnie s’est engagée à mettre fin à ce type de brûlage d'ici 2030. La baisse depuis 2010 du brûlage de routine est de 90 % et la Compagnie s'est fixé un nouvel objectif pour atteindre dès 2025 un niveau inférieur à 0,1 Mm3/j.

Le brûlage occasionnel (de non-routine), lié à des problèmes opérationnels ou au démarrage des installations, ainsi que le brûlage de sécurité, qui sert à les protéger, font également l’objet de plans d’actions. Par exemple, en Argentine et en Bolivie la Compagnie a réduit de moitié son brûlage de sécurité, grâce à une mesure en continu des débits de gaz et à une optimisation des réglages de la torche.

Consommer moins d'énergie

Améliorer l’efficacité énergétique, c’est réduire la quantité d’énergie utilisée, et donc les émissions, pour délivrer une quantité d’énergie donnée. Pour la branche Exploration-Production, cette amélioration passe par des projets d'optimisation de la quantité de gaz consommée par les sites pour produire l’énergie dont ils ont besoin. Pour la branche Raffinage-Chimie pour laquelle la consommation d’énergie est un élément clé de ses coûts de production, le travail sur l'efficacité énergétique est engagé depuis plusieurs années et se poursuit dans le cadre d'un plan d'investissements doté de 450 M$ sur la période 2018-25.

Améliorer l'efficacité, c’est aussi repenser l’utilisation de chaleur perdue des unités. Un travail de cartographie des sources de chaleur perdue, puis de quantification a été mené sur certaines des raffineries, dont celle de Leuna en Allemagne. Des études sont en cours pour voir comment valoriser ces calories disponibles dans les écosystèmes industriels ou civils voisins.

La digitalisation des sites, sur laquelle la Compagnie s'engage résolument, est un levier pour améliorer notre performance énergétique. À fin 2021, 27 des 46 sites opérés consommant plus de 50 000 tep/an ont mis en place un système de management de l’énergie auditable, en suivant par exemple la norme ISO 50001 sur le management de l’énergie(19).

Décarboner les achats d'électricité (Scope 2)

En 2020, avec le projet « Go Green », TotalEnergies décide de viser une neutralité carbone sur l’ensemble des achats d’électricité de ses sites opérés en Europe d’ici à 2025. La totalité des besoins en électricité des sites industriels et commerciaux, ainsi que des bureaux de la Compagnie, sera couverte par de l’électricité renouvelable produite par les capacités régionales de TotalEnergies en Europe ; une approche similaire a été engagée aux États-Unis. L'ensemble représentera de l'ordre de 7 TWh/an.

  • Pour l'Europe, ces besoins seront couverts par des fermes solaires acquises en Espagne en 2020 pour une capacité de 5 GW et une production de 10 TWh/an d'ici 2025. 6 TWh/an seront destinés aux sites européens, par le biais d'un PPA(20). La gestion du contrat avec le Raffinage-Chimie sera réalisée par les équipes Trading Electricité et l'excédent de production sera vendu à des tiers ;
  • Pour les États-Unis, la Compagnie a acquis en 2021 un portefeuille de 2,2 GW de projets solaires et 0,6 GW de projets de stockage par batterie, afin de couvrir l’intégralité de la consommation électrique de ses sites industriels opérés, parmi lesquels la plateforme de raffinage-pétrochimie de Port Arthur et les sites pétrochimiques de La Porte et Carville.

Ainsi, le Scope 2 pour le périmètre opéré de la Compagnie devrait être réduit de plus de 2 Mt CO2/an à partir de 2025.

(18) Évents : émissions associées à la mise à l’atmosphère de gaz, de manière occasionnelle ou continue, sur certaines installations, telles que le traitement des eaux, le chargement et déchargement d’hydrocarbures, les déshydrateurs glycol et les dispositifs pneumatiques alimentés au gaz naturel.

(19) La norme ISO 50001 accompagne la mise en œuvre dans les entreprises d’un système de management de l’énergie qui permet un meilleur usage de l’énergie.

(20) Power Purchasing Agreement (contrat d'achat d'électricité).

Tendre vers zéro émission de méthane

Le méthane est un gaz à effet de serre au pouvoir de réchauffement global 25 fois plus élevé que le CO2 sur 100 ans. En 2021, le GIEC a évalué son impact sur le réchauffement actuel à 0,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle. La COP26 a donc souligné le rôle majeur que doit jouer la réduction des émissions de méthane pour contenir le réchauffement climatique, au travers des conclusions finales (le Pacte de Glasgow) ainsi qu’au travers du Global Methane Pledge, engagement de 105 pays à l'initiative des États-Unis et de l'Union Européenne(21) à réduire leurs émissions de méthane de 30 % en 2030 par rapport à 2020.

De nouveaux objectifs

La Compagnie travaille à réduire ses émissions de méthane depuis plusieurs années. Ainsi la Compagnie a divisé par deux ses émissions opérées de méthane entre 2010 et 2020. Dans la ligne des accords de Glasgow, la Compagnie prend de nouveaux objectifs pour la prochaine décennie : -50 % en 2025 et -80 % en 2030, par rapport à 2020.

La Compagnie maintient son objectif d'une intensité méthane(22) inférieure à 0,1 % du gaz commercial produit sur ses installations gazières opérées.

L'atteinte de ces objectifs passe par l'amélioration de la mesure et par une action renforcée sur chaque source.

Mesurer plus précisément les émissions de méthane

Les sources d’émissions de méthane sont nombreuses et dispersées. La Compagnie est pionnière dans la détection et la quantification des émissions sur l’ensemble de la chaîne de valeur.

  • TotalEnergies opère un site de test des technologies de mesure des émissions de méthane, la plateforme TADI(23) unique au niveau européen, et n’ayant qu’un seul équivalent au niveau mondial aux États-Unis(24).
  • TotalEnergies accélère d'autre part le déploiement de sa technologie de détection par drone appelée AUSEA(25) sur l'ensemble de ses sites opérés dès 2022.

La Compagnie améliore également son reporting dans le cadre de l'OGMP 2.0, nouvelle phase de l’Oil & Gas Methane Partnership (OGMP) du Programme des Nations Unies pour l’Environnement. L'OGMP 2.0 définit un cadre de reporting, élargi à l’ensemble de la chaîne de valeur gaz et au périmètre non-opéré : détails des émissions par source, indication des méthodologies d’inventaire et mise en place de campagnes de mesure aérienne.

Fin 2021, TotalEnergies a reçu dans ce cadre un statut Gold Standard(26) et mettra en œuvre les actions nécessaires de progrès continu pour maintenir ce niveau sur la mesure et le reporting des émissions de méthane.

Réduire les émissions sur chaque source

Les émissions de méthane proviennent principalement des évents (plus de la moitié du total) et du brûlage à la torche(27) (un quart du total) ; le reste étant constitué d'émissions fugitives (fuites au niveau des vannes, brides ou raccords) et de la combustion incomplète des gaz dans les installations (turbines, fours, chaudières…).

Pour tendre vers « zéro émission de méthane », l'action sera renforcée sur chacune de ces sources d’émissions :

– réduction des évents : projets de reroutage des évents vers le système d’export gaz ou vers la torche et réduction du gaz instrument sur les actifs en production. En 2021, la baisse par rapport à 2020 liée à la réduction des évents a été de 6 kt/an (projets au Gabon et au Royaume-Uni).

– réduction du brûlage : en 2021, la baisse liée à la réduction du brûlage par rapport à 2020 a été de 1,8 kt/an.

– réduction des fuites : des campagnes annuelles de détection et de réparation des fuites sur tous les sites opérés vont être déployées à compter de 2022. En 2021, la baisse liée à la réduction des fuites a été de 4 kt/an avec une réparation significative sur l'actif OML58 au Nigeria.

Tous les nouveaux projets incluent d'autre part des critères de design stricts pour éviter les émissions de méthane : pas de gaz instrument, pas d’évents froids en continu et installation systématique de torches fermées (closed flare) comme cela a été fait sur les sites de CLOV en Angola, de Moho-Nord au Congo et d’Egina au Nigeria.

(21) Ces 105 pays représentent 70 % de l’économie mondiale et près de 50 % des émissions anthropogénique de méthane de la planète

(22) Intensité d’émissions méthane par rapport au gaz commercial produit en volume / volume.

(23) TotalEnergies Anomaly Detection Initiative.

(24) METEC University of Colorado.

(25) Airborn Ultralight Spectrometer for Environmental Application

(26) Rapport de l'IMEO (International Methane Emissions Observatory) dans le cadre de l'OGMP2.0.

(27) Émissions associées à la combustion incomplète des gaz, estimées de manière standardisée à 2 % des volumes torchés

Capter et stocker le carbone de nos installations

Réduire les émissions des installations passe également par le développement de processus industriels pour le captage, le transport et le stockage de CO2 (CCS, Carbon Capture and Storage), un domaine où TotalEnergies dispose de compétences clés dans la gestion de grands projets, le traitement du gaz et les géosciences.

En mer de Norvège, la Compagnie contribue au développement de ces solutions depuis 1996 pour diminuer les émissions des gisements de gaz naturel de Sleipner(28) et Snøhvit. Le CO2 dit « natif », c’est-à-dire associé à ce gaz naturel, est réinjecté dans le sous-sol après avoir été séparé. De 2010 à 2013, TotalEnergies a mené un projet pilote à Lacq (France) sur une chaîne complète de CCS : captage du CO2issu d’une unité de production de vapeur par la technologie d’oxy-combustion (une première en Europe), transport et stockage dans un gisement déplété.

Ces expériences acquises permettent de passer à des projets d’envergure pour réduire les émissions de CO2 liées à la production d’hydrogène des raffineries de la Compagnie en Europe. Les projets actuels sont situés en mer du Nord et profitent de son important potentiel de stockage, notamment dans des champs déplétés opérés par TotalEnergies. Ils bénéficient en outre d’un contexte réglementaire européen favorable. Ils permettront à TotalEnergies de réduire ses propres émissions mais aussi, grâce à des capacités additionnelles, de proposer à ses clients de stocker leurs émissions de CO2 pour réduire leur Scope 1 et le Scope 3 de la Compagnie.

Sur l’ensemble de la filière CCS, le budget 2021 était de 100 M$ et TotalEnergies vise désormais à développer une capacité de stockage d’environ 10 Mt CO2/an d’ici 2030.

  • En Norvège, la Compagnie a lancé, avec Equinor et Shell, le projet Northern Lights, premier projet de transport et stockage de CO2 à grande échelle. Approuvé par l’État norvégien en 2020, le projet est en phase de construction. Il permettra aux émetteurs industriels, en Norvège ou ailleurs en Europe, de réduire leurs émissions
  • Au Pays-Bas, TotalEnergies étudie avec ses partenaires le projet Aramis visant à développer une chaîne logistique et un hub dans le port de Rotterdam pour le transport du CO2 vers des champs déplétés offshore. Certains de ces champs sont opérés par TotalEnergies.
  • Au Royaume-Uni, la Compagnie travaille avec ses partenaires sur le projet de transport et de stockage Northern Endurance Partnership, qui vise à décarboner les régions industrielles de Teesside et Humber.

(28) Champ pour lequel TotalEnergies a revendu sa participation en 2016.

Travailler avec nos partenaires sur les actifs non-opérés

Les émissions Scope 1+2 en part patrimoniale de TotalEnergies représentent 54 Mt CO2e en 2021. La moitié de ces émissions provient de ses participations dans les sites opérés(29) et l’autre moitié de ses participations dans des sites opérés par des partenaires.

Pour ces actifs non-opérés, la Compagnie agit en exerçant son rôle d'influence et en partageant les bonnes pratiques avec ses partenaires. En 2021, TotalEnergies a ainsi contribué à la construction des feuilles de route de réduction des émissions de ses actifs non-opérés du secteur Raffinage-Chimie (notamment les plateformes de Naphtachimie en France, HTC en Corée du Sud et Satorp en Arabie Saoudite). Comme pour les actifs opérés, des actions d’amélioration de l’efficacité énergétique, d’électrification avec de l’électricité décarbonée, de réduction du brûlage et de maîtrise des émissions de méthane sont engagées.

En 2021, TotalEnergies s’est, par exemple, associée avec Novatek pour réduire l’intensité de la chaîne GNL et a réalisé un audit de l’efficacité énergétique sur le site pétrochimique de Lavéra (France).

En Norvège, la Compagnie est partenaire du champ de Johan Sverdrup, démarré en 2019, dont l'intensité d'émissions est inférieure à 2 kg CO2e/bep grâce à l’utilisation d’électricité décarbonée fournie depuis la terre, et d’Oseberg, dont le projet d’électrification a été lancé en 2021. TotalEnergies étudie d'autre part, avec l'opérateur Equinor, l’électrification de l’usine GNL de Snøhvit. Aux Émirats Arabes Unis, où TotalEnergies est le premier acteur international, les actifs non-opérés onshore sont alimentés avec de l’électricité décarbonée depuis le 1er janvier 2022 et la Compagnie étudie avec son partenaire ADNOC un projet d’électrification des champs offshore. Des projets photovoltaïques sont également à l’étude pour les sites non opérés du secteur Raffinage-Chimie en Arabie Saoudite, en Algérie et en Afrique du Sud.

Enfin, TotalEnergies publie pour la première fois en 2021 les émissions de méthane de ses actifs non-opérés. Tous les opérateurs de ces actifs ont été sollicités pour fournir leurs émissions avec un détail par source(30). Tous ne sont pas au même niveau de mesure et de reporting mais la Compagnie les accompagnera dans une démarche de progrès continu pour atteindre le plus haut niveau de reporting de l'OGMP 2.0.

(29) 27 Mt CO2e en quote-part, 37 Mt CO2e en vision 100 %.

(30) Soit 13 sources avec le niveau méthodologique du cadre de reporting de l’OGMP 2.0.

Compenser les émissions résiduelles avec les puits naturels de carbone

Au-delà des actions de la Compagnie pour éviter et réduire les émissions de GES, atteindre la neutralité carbone avec la société imposera de compenser les émissions résiduelles de CO2. Pour cela, TotalEnergies investit dans les puits naturels de carbone, comme la forêt, l’agriculture régénérative ou les zones humides.

Le modèle de gestion des espaces se doit d’être intégré et partagé avec les populations locales. Dans ce cadre, les opérations peuvent suivre diverses techniques (conservation, afforestation-reforestation, agroforesterie, transition agricole, blue carbon, etc.) et diverses formes contractuelles appropriées (contrat d’achat, mécanisme de financement durable, fonds à impact, projet financé, etc.). Il s’agit de combiner et d’équilibrer la valeur des revenus économiques agricoles et forestiers, avec celle des co-bénéfices pour les populations, les sols, la biodiversité, le cycle de l’eau, et celle des crédits carbone. Lorsqu’on y parvient, les conditions de vie locale s’améliorent et la dégradation et la déforestation des espaces, qui sont sources d’émissions de GES, reculent. La Compagnie s’associe à des partenaires expérimentés pour maîtriser l’approche long terme qui s’impose et les risques de ces projets complexes. Les projets seront certifiés selon les meilleurs standards tels que Verra VCS, CCB ou d’autres.

Avec un budget moyen de 100 M$ par an de 2020 à 2030, TotalEnergies entend constituer un stock de 100 millions de crédits(31) et se doter d’une capacité annuelle de production d’au moins 5 millions de crédits par an à compter de 2030. La Compagnie ne prévoit pas de faire du commerce de ces crédits carbone mais d’utiliser progressivement son stock et sa production annuelle pour neutraliser ses émissions résiduelles Scope 1+2 à partir de 2030. Le stock de crédits établi à fin 2021 s’élève à un peu moins de 7 millions de crédits certifiés. Le budget cumulé engagé sur l’ensemble des opérations conclues s’élève à près de 350 M$ sur leur durée de vie, pour un volume cumulé de crédits espéré de 23 millions à 2030 et 31 millions à 2050.

(31) Un crédit correspond à une tonne de CO2 séquestrée.

2) Réduire les émissions Scope 3, ensemble avec la société

Le Scope 3 d’une compagnie multi-énergies intégrée

Agir sur le mode de consommation des clients de la Compagnie est un axe majeur de sa stratégie. En effet, de l'ordre de 90 % des émissions des produits pétroliers ont lieu lors de leur utilisation (Scope 3) contre seulement de l'ordre de 10 % lors de leur production (Scope 1+2).

Nos objectifs pour 2030

TotalEnergies s'est fixé pour objectif d’ici 2030 que ses émissions mondiales Scope 3, liées à l’utilisation par ses clients des produits énergétiques vendus, soient inférieures à celles de 2015, alors que sur la même période la Compagnie prévoit de produire et de vendre 30 % de plus de produits énergétiques, notamment du fait de la croissance des ventes de Gaz Naturel Liquéfié et d'électricité.

À l'inverse, pour anticiper le déclin de la demande de pétrole d'ici la fin de la décennie, la Compagnie a engagé une stratégie volontaire d'adaptation de ses activités aval de raffinage et distribution de produits pétroliers pour les ramener à son niveau de production de pétrole. Ainsi, la Compagnie s'engage pour un nouvel objectif d'ici 2030 : baisser les émissions Scope 3 des produits pétroliers vendus dans le monde de plus de 30 % entre 2015 et 2030.

La forte hausse des ventes d'électricité (x20 sur la période 2015-2030) permet de décarboner le mix énergétique de la Compagnie sans ajouter d'émissions indirectes Scope 3 (GHG Protocol - Catégorie 11).

Le gaz est une énergie de transition qui permet à ses clients de la substituer à du charbon plus émetteur de CO2 et que TotalEnergies ne produit et ne vend pas (TotalEnergies est volontairement sortie du marché du charbon en 2016) - et TotalEnergies augmentera ses ventes de GNL par 2 sur la période 2019- 2030. La baisse des ventes de produits pétroliers supérieure à 30 % et l'augmentation des ventes de biocarburants (multipliées par 3) permettront à la Compagnie de réduire ces émissions Scope 3 en valeur absolue sur cette période 2015 -2030.

Cette évolution du Scope 3 sur la période 2020 – 2030 est différenciée selon les zones géographiques en ligne avec l’évolution des demandes mondiales d’énergies (TotalEnergies étant très peu présente en Amérique du Nord) :

  • afin d’accompagner l’ambition de l’Europe sur le chemin de la neutralité carbone et compte tenu du poids de l’Europe dans son Scope 3 en 2015 (256 Mt sur 410 Mt), la Compagnie s'est donné un objectif spécifique en Europe avec une baisse de 30 % de ses émissions Scope 1+2+3 en valeur absolue sur cette même période, la réduction des ventes de produits pétroliers visant notamment l’Europe.
  • en parallèle, la Compagnie entend fournir aux populations des pays en développement l’énergie dont elles ont besoin pour élever leur niveau de vie et augmente donc dans ces régions du monde ses fournitures d'énergies en privilégiant le gaz au côté des énergies renouvelable.

Ensemble avec nos clients : la mobilité

TotalEnergies travaille activement pour faire de la neutralité carbone une ambition partagée avec ses clients. Le principal levier pour contribuer efficacement à la transition énergétique consiste en effet à transformer graduellement la forme sous laquelle les clients de la Compagnie consommeront de l’énergie. La Compagnie conduit ainsi une politique marketing orientée vers les produits les moins carbonés et réduira son offre sur certains usages pour lesquels il existe des alternatives bas carbone compétitives. Les transports génèrent environ 17 % des émissions mondiales de GES (2018)(32). La conviction de la Compagnie : la mobilité de demain n’appelle pas une solution unique, mais une palette de solutions complémentaires.

Transport routier

Le transport routier est sans doute le secteur où l'on observe la plus grande diversité de solutions de décarbonation. L'approche de la Compagnie est d’être présente sur quatre axes majeurs des nouvelles mobilités pour la route :

1. Être reconnu comme un acteur majeur de l’électromobilité

Grâce à leur autonomie croissante, les véhicules électriques (VE) constituent une solution d’avenir et 9 % des ventes totales de véhicules en 2021. TotalEnergies agit sur deux maillons clés de cette chaîne de valeur pour accélérer leur adoption par ses clients :

  • Le déploiement d’infrastructures de recharge :
    • 150 000 points de charge sont prévus d’ici 2025
    • 300 stations sur autoroutes et grands axes et 600 stations urbaines avec HPC (high power charge) sont prévues d’ici 2030 pour accompagner l’e-mobilité en itinérance. Soit un point de recharge HPC tous les 150 km, pour un maillage optimal sur les trajets longue distance en Europe.
    • TotalEnergies transforme et adapte sa présence dans les villes en développant un réseau de Mobilité électrique en Europe et en Asie.
  • La production de batteries performantes et abordables : la création en 2020 de l’Automotive Cells Company (ACC), co-entreprise fondée par TotalEnergies et Stellantis, marque la naissance d’un acteur mondial du développement et de la fabrication de batteries automobiles dès 2023. TotalEnergies y apporte avec Saft son expertise en matière de R&D. Les batteries produites permettront d’alimenter près d’un million de véhicules électriques par an, soit 10 % du marché européen. Mercedes Benz a rejoint ACC en septembre 2021. Il s’agit là d’un investissement majeur pour contribuer au déploiement du véhicule électrique en Europe.

2. Amplifier la distribution de biocarburants

Les véhicules à combustion interne représentent encore, fin 2021, plus de 98 % du stock mondial de véhicules terrestres en circulation. Les biocarburants durables permettent de réduire les émissions de CO2 de ces véhicules. En 2021, TotalEnergies a distribué 3,3 Mt de biocarburants durables(33) dans le monde. La demande pour ces produits renouvelables est soutenue, notamment en Europe, par des politiques publiques visant la neutralité carbone. La Compagnie accompagnera cette évolution et vise 7 à 8 Mt vendues en 2025.

3. Accompagner la transition énergétique de nos clients grâce au GNV

Le gaz naturel pour véhicules (GNV), distribué sous forme de gaz naturel comprimé (GNC) ou liquéfié (GNL), représente une voie transitoire pour réduire les émissions de CO2. Ce carburant est aujourd’hui disponible dans 600 stations-service du réseau mondial de la Compagnie. L’incorporation de biogaz si la production est suffisamment disponible peut permettre de décarboner dans le futur le GNV/GNC/GNL. En février 2021, TotalEnergies a inauguré la plus grande station de France de Gaz Naturel pour Véhicules (GNV) et bioGNV à Gennevilliers.

4. Promouvoir des solutions bas carbone pour les poids lourds

Les constructeurs de poids lourds développent des véhicules électriques pour des trajets journaliers de moins de 500 km mais travaillent aussi à des batteries de très haute puissance qui permettraient d’allonger l’autonomie des poids lourds. TotalEnergies accompagne cette démarche avec le développement de son réseau de bornes de recharge haute puissance, avec comme objectif une station tous les 150 km en Europe de l’Ouest, et des solutions de recharge directement chez les professionnels du transport. Par ailleurs, plusieurs constructeurs de poids lourds envisagent l’hydrogène comme une alternative intéressante pour les trajets journaliers les plus longs. Dans ce cadre, TotalEnergies a engagé en 2021 un partenariat avec Daimler Trucks dédié à des infrastructures hydrogène dédiées aux poids lourds en France, en Allemagne et au Benelux.

Transport maritime

Le secteur maritime représente 90 % des marchandises transportées et 3 % des émissions mondiales de CO2. Si le fuel lourd reste aujourd'hui majoritaire pour la propulsion des navires, l’usage du GNL, énergie de transition, permet d'ores et déjà de réduire les émissions de CO2 de 20 %. À moyen terme, les carburants liquides décarbonés (e-fuels, bio-carburants) et le recours à l’hydrogène ou l'ammoniac permettront de réduire davantage ces émissions. TotalEnergies se mobilise auprès des grands acteurs du transport maritime pour définir avec eux les carburants les plus adaptés pour atteindre leurs feuilles de route de décarbonation.

En mars 2021, MSC Croisières et TotalEnergies ont signé un accord pour la fourniture annuelle d’environ 45 000 tonnes de GNL pour de prochains navires de croisière. En avril 2021 a eu lieu le premier avitaillement en GNL à Dunkerque par TotalEnergies du CMA CGM Jacques Saadé, plus grand porte-conteneur au monde. En juillet 2021, TotalEnergies et CMA CGM ont lancé une étude de faisabilité pour le premier projet en France de production de bioGNL.

Dans le cadre de ses ventes de GNL, la Compagnie évalue les « émissions de GES de la chaîne de valeur des produits GNL vendus » c'est-à-dire la quantité des GES émis de la production du gaz jusqu'à son utilisation finale.

Aviation

TotalEnergies développe des carburants aériens durables (SAF, Sustainable Aviation Fuel). Il s’agit de biocarburants produits à partir de déchets et résidus issus de l’économie circulaire (graisses animales, huiles de cuisson usagées...) et des « e-jets », carburants de synthèse pour l’aviation. Les SAF permettront une réduction significative des émissions de CO2 du transport aérien. TotalEnergies est engagée dans de nombreuses initiatives de production et de commercialisation de SAF, en partenariat avec les entreprises du secteur aéronautique. Il est possible d’incorporer ces biocarburants dans le kérosène dès à présent jusque 50 % sans modification des infrastructures logistiques, des avions et des moteurs existants. Avec le démarrage des productions dans ses raffineries de La Mède en 2021 et de Normandie en 2022, TotalEnergies est en mesure de répondre à la demande de ses clients et à la législation française, qui fixe un taux d’incorporation de 1 % de biocarburants aériens durables dans le SAF depuis le 1er janvier 2022.

(32) Source: Climate Watch, World Resources Institute, 2018.

(33) Volume physique de biocarburants ramenés en équivalent éthanol et esters selon les règles définies dans la directive européenne RED, excluant les volumes vendus par le Trading à des tiers.

Usages résidentiels, tertiaires et industriels

Fin 2021, TotalEnergies commercialise de l’électricité et du gaz naturel sur les segments résidentiel et professionnel auprès de 9 millions de clients en Europe. TotalEnergies vise désormais près de 13 millions de sites (clients B2B et B2C) sur l’ensemble des segments en 2025. La Compagnie privilégie l’électricité d’origine renouvelable et a construit une offre différenciée pour les particuliers et pour les entreprises.

  • Pour les particuliers en Europe, TotalEnergies propose des solutions adaptées avec une offre verte fixe d'électricité renouvelable à prix bloqué sur un an ou des offres classiques, et aide les clients à réaliser des économies d'énergies avec la clé ConsoLive, qui leur permet de mesurer leur consommation d’électricité en temps réel, générant ainsi 13 % de réduction en moyenne chez les 40 000 clients qui utilisent aujourd’hui cette solution.
  • Pour les entreprises, TotalEnergies met en place des contrats d’achat d’électricité (Corporate Power Purchase Agreements ou CPPA) d’origine renouvelable, qui se sont accélérés en 2021. La Compagnie propose également aux clients de solariser leurs sites. En France, TotalEnergies est leader du marché du solaire sur bâtiments, avec plus de 250 MW de projets sur l’appel d’offres CRE 4 « solaire sur bâtiments » depuis 2017.

Une gestion de portefeuille résolument axée bas carbone

Les activités marketing de TotalEnergies mettent désormais en œuvre une stratégie visant à sélectionner en priorité les marchés offrant les meilleures marges par tonne de CO2 émise et rationnalisent leur portefeuille en conséquence. La Compagnie privilégie la relation directe avec le client avec des solutions sur mesure et vise à éliminer les ventes à faible marge auprès des revendeurs pour lesquelles elle n’a pas d’avantage concurrentiel significatif.

Dans le secteur de l'aviation, TotalEnergies se concentre sur les sites aéroportuaires à forte valeur ajoutée tout en conservant une couverture mondiale.

À partir de 2025, la Compagnie cessera de vendre du fioul lourd pour la génération électrique et accompagne d'ores et déjà ses clients vers des solutions alternatives, comme le gaz naturel, les biocarburants ou les énergies renouvelables.

Développer une offre de services de stockage du CO2

Selon les scénarios de l'AIE, les volumes de CO2 captés et stockés par le CCS pourraient représenter 5 à 7 Gt CO2/an en 2050, contre seulement 40 Mt actuellement. Le développement de cette filière est donc un enjeu majeur des prochaines décennies pour atteindre la neutralité carbone en 2050.

Les projets de CCS de TotalEnergies contribuent à réduire ses propres émissions mais pourront aussi permettre, via des capacités additionnelles disponibles, de développer une offre de services de transport et de stockage à destination des industriels engagés dans la réduction de leurs émissions. La mer du Nord est une zone de choix pour ce type de projet avec un important potentiel de stockage proche de grands centres industriels. TotalEnergies y est impliquée dans plusieurs projets d’envergure.

L'objectif de la Compagnie est de proposer à ses clients une capacité de stockage de plus de 10 Mt CO2/an d'ici 2030, avec l’ambition d’atteindre plus de 50 Mt CO2/an de capacité en 2050.

Le label Écosolutions

La Compagnie développe des produits et services innovants dont le bilan global sur le plan environnemental est meilleur que le standard du marché. À fin 2021, 104 produits et solutions bénéficient du label Écosolutions (contre 86 en 2020). Les émissions de CO2e évitées sur l’ensemble du cycle de vie par l’usage des produits et solutions Écosolutions, par rapport à l’utilisation de l’offre de référence sur le marché considéré et pour un service rendu équivalent, sont évaluées annuellement à partir des volumes de ventes. 2 Mt CO2e ont ainsi été évitées en 2021.

Ensemble avec nos partenaires

La transition énergétique et la limitation du réchauffement climatique sont des défis globaux. TotalEnergies ne pourra les relever qu'en impliquant activement ses partenaires, grâce notamment à sa mobilisation auprès des pouvoirs publics et des associations professionnelles.

Soutien au paquet « Fit for 55 »

TotalEnergies soutient les engagements que prennent les États dans la lutte contre le réchauffement climatique dans le cadre de l’Accord de Paris. En Europe, TotalEnergies soutient le paquet « Fit for 55 » et notamment certains éléments clés qui sont alignés avec sa stratégie et ses positions :

  • généralisation du prix du carbone
  • développement massif des énergies renouvelables
  • mise en place des infrastructures (bornes de recharges, hydrogène)
  • développement de carburants bas carbone et renouvelables à destination du secteur du transport

La Compagnie accompagne ces engagements de la Commission Européenne en prenant en Europe à l'horizon 2030 un objectif de baisse de 30 % des émissions Scope 1+2+3.

Mobilisation des associations professionnelles

TotalEnergies adhère à des associations professionnelles et en publie la liste depuis 2016 sur son site. Elle coopère avec ces associations sur des sujets le plus souvent techniques mais certaines prennent également des positions publiques sur le climat. La Compagnie s'assure de l’alignement des associations dont elle est membre avec ses positions et évalue régulièrement cet alignement sur les enjeux climatiques.

TotalEnergies conduit ainsi chaque année depuis 2019 une évaluation des positions publiques des principales associations professionnelles dont elle est membre, sur le sujet climatique. Pour les associations ayant exprimé des positions sur le climat, l’alignement avec TotalEnergies est évalué par rapport aux six principes listés dans sa directive applicable à la représentation d’intérêts :

  • la position scientifique,
  • l’Accord de Paris,
  • la tarification du carbone,
  • le développement des énergies renouvelables et des technologies de décarbonation,
  • le rôle du gaz naturel,
  • la compensation carbone.

Lors des revues 2019 et 2020, les positions de l’American Petroleum Institute (API) avaient été évaluées comme « partiellement alignées » avec celles de la Compagnie. Après avoir fait part de ces points de désaccord à l’API et avoir continué à promouvoir ses positions au sein de l’association, TotalEnergies a annoncé début 2021 sa décision de ne pas renouveler son adhésion en raison de divergences persistantes sur le rôle du gaz naturel et les émissions de méthane (soutien de l’API au relâchement de la réglementation américaine sur les émissions de méthane), sur le soutien aux véhicules électriques et sur le principe de la tarification du carbone.

De même, TotalEnergies est sortie de deux autres associations qui avaient des positions non alignées avec les nôtres : l'AFPM (American Fuels & Petrochemicals Manufacturers) et la CAPP (Canadian Association of Petroleum Producers).

TotalEnergies participe d'autre part à des associations ou initiatives dédiés spécifiquement à la lutte contre le réchauffement climatique.

La Compagnie a ainsi contribué en 2014 à lancer et développer l’Oil & Gas Climate Initiative (OGCI), un partenariat global au sein du secteur. Cette initiative regroupe douze grands acteurs nationaux et internationaux de l’énergie. Elle a pour but de développer des solutions pour un avenir bas carbone durable. En 2021, l'ensemble de ses membres, qui représentent plus du tiers de la production mondiale d'hydrocarbures, s'est engagé dans une nouvelle stratégie qui vise la neutralité carbone Scope 1+2 en 2050. D'autre part, le fonds OGCI Climate Investments, lancé en 2017 et doté de plus d’un milliard de dollars sur 10 ans, finance des start-up technologiques associées à la transition énergétique.

TotalEnergies est aussi engagée dans d’autres initiatives internationales impliquant secteurs privés et publics :

  • pour l’arrêt du brûlage de routine des gaz associés à la production d’huile au sein de l’Initiative Zero Routine Flaring by 2030 de la Banque mondiale ;
  • pour une transparence renforcée, en prenant en compte les recommandations du Conseil de stabilité financière du G20 sur le climat, et de la Task Force on Climate-related Financial Disclosures (TCFD) ;
  • pour le développement de start-up dans la transition énergétique, depuis 2017 au sein de la Breakthrough Energy Coalition, créée par Bill Gates en 2015, et depuis 2016 au sein du fonds associé Breakthrough Energy Ventures doté d’un milliard de dollars.
  • pour la réduction des émissions de méthane, depuis 2014 au sein de l’Oil & Gas Methane Partnership (OGMP) du Programme des Nations Unies pour l’Environnement.

Soutien à la tarification du carbone

La tarification du carbone est un levier majeur pour atteindre la neutralité carbone. Depuis plus de 10 ans, TotalEnergies plaide pour la fixation de prix du carbone et applique un prix interne dans l’évaluation de ses projets.

En intégrant dans le prix des énergies leur contenu en CO2, la tarification carbone renchérit les énergies les plus émettrices. Elle permet notamment d’inciter l’ensemble des acteurs à accélérer le basculement du charbon vers les énergies renouvelables et le gaz pour la production d’électricité. Sur le long terme, c’est également un moyen d’orienter l’investissement vers la recherche dans des technologies bas carbone et dans le captage et stockage du CO2.

Le démarrage de l’ETS (Emissions Trading Scheme) chinois en 2021, le renchérissement de la tonne de carbone grâce à la réforme du marché ETS européen et le retour des États-Unis dans les discussions sur le climat sont autant de signaux positifs pour le développement de la tarification du carbone. Selon le Carbon Pricing Dashboard de la Banque Mondiale, plus de 21 % des émissions mondiales sont maintenant couvertes par 64 systèmes de tarification du carbone dans le monde.

Depuis 2014, la Compagnie soutient diverses initiatives internationales qui appellent à l’installation de mécanismes de régulations adaptés aux contextes locaux. TotalEnergies est notamment membre fondateur du Climate Leadership Council (CLC) qui promeut une approche équilibrée de la tarification du carbone aux États-Unis dont les revenus seraient redistribués aux citoyens sous la forme d’un Dividende Carbone. TotalEnergies soutient également la Carbon Pricing Leadership Coalition (CPLC) de la Banque Mondiale.

Enfin, TotalEnergies est active dans le débat sur les enjeux du climat, notamment grâce à des partenariats de long terme noués avec des chaires universitaires telles que la chaire Économie du climat de Paris-Dauphine, le programme de recherche sur le changement climatique du Massachusetts Institute of Technology (MIT)(34) ou la Toulouse School of Economics. TotalEnergies réalise également des formations ou des interventions au sein de plusieurs universités, participant ainsi au débat.

(34)The Joint Program on the Science and Policy of Global Change.

3) Progrès en 2021

La Compagnie n’est crédible sur son ambition 2050 que si elle est capable de montrer le chemin dès aujourd’hui, ce qu’elle fait résolument avec des résultats 2021 en ligne – ou souvent en avance - sur ses objectifs :

  • sur ses émissions, liées à ses installations opérées, la baisse a été de l'ordre de 20 % depuis 2015 - cela intègre 4 Mt d’émissions liées au CCGT correspondant à la mise en œuvre de sa nouvelle stratégie dans le domaine de l’électricité pour disposer de capacités de génération électrique flexibles – la baisse sur les activités oil & gas opérées a donc été en réalité de 30 %.
  • sur les émissions indirectes associées à l'usage des produits par ses clients :
    • les émissions Scope 3 mondiales ont baissé depuis 2015. En Europe, cette baisse a été de 14 % (hors effet COVID-19). Sur les produits pétroliers, cette baisse a été de 19 % (hors effet COVID‑19).
    • l’indicateur d'intensité carbone cycle de vie des produits énergétiques vendus a baissé de 10 % depuis 2015 (hors effet COVID-19), ce qui place TotalEnergies comme leader parmi ses pairs dans la décarbonation de son mix énergétique.

Résilience de la stratégie de l’organisation

La Compagnie a su renforcer la résilience de son portefeuille grâce à une gestion très active ces dernières années. Plus de 35 % de ses productions futures de pétrole et de gaz proviendront d’actifs à point mort bas qui n’étaient pas en portefeuille à fin 2014.

Le portefeuille de TotalEnergies bénéficie d’un point mort bas conforme à son objectif stratégique d'être inférieur à 30 $/b (point mort cash organique de la Compagnie avant dividende inférieur à 25 $/b en 2021) qui assure la compétitivité de ses ressources.

En particulier, pour la partie upstream, TotalEnergies a le coût de production par baril et l'intensité CO2/bep (Scope 1+2 opéré) les plus bas parmi ses pairs, respectivement autour de 5 $/bep et de 17 kg CO2e/bep en 2021. En outre, la durée moyenne des réserves prouvées et probables de pétrole et de gaz est de 18 ans et la valeur résiduelle des actifs oil & gas amont de la Compagnie au-delà de 2040 représente moins de 15 % de leur valeur totale. En juin 2020, TotalEnergies a passé en revue ses actifs amont pouvant être qualifiés d’actifs échoués stranded assets »), c’est-à-dire présentant des réserves de plus de 20 ans et des coûts de production élevés, dont la totalité des réserves pourraient donc ne pas être produites avant 2050. Les seuls projets concernés sont les projets de sables bitumineux au Canada de Fort Hills et Surmont. TotalEnergies a décidé de ne prendre en compte que les seules réserves prouvées pour les tests de dépréciation sur ces deux actifs – contrairement à la pratique générale qui intègre les réserves dites prouvées et probables, et de ne n’approuver aucun nouveau projet d’augmentation de capacités sur ces actifs de sables bitumineux canadiens.

La stratégie de TotalEnergies, visant à concentrer ses nouveaux investissements pétroliers sur des projets à faible intensité carbone a conduit la Compagnie par ailleurs en 2021 à sortir des projets de développement d’huiles extra-lourdes de la Ceinture de l’Orénoque au Vénézuéla.

Ainsi, ces différentes caractéristiques du portefeuille de TotalEnergies atténuent le risque d’avoir des stranded assets à l'avenir, si les risques de baisse structurelle de la demande d'hydrocarbures se matérialisaient en raison de contraintes et de réglementations environnementales mondiales plus strictes et de l'évolution des préférences des consommateurs qui en résulterait.

Par ailleurs, TotalEnergies évalue la robustesse de son portefeuille, y compris pour les nouveaux investissements significatifs, sur la base de scénarios pertinents et de tests de sensibilités. Chaque investissement significatif, y compris dans l’exploration, l’acquisition ou le développement des ressources pétrolières et gazières, ainsi que dans d’autres énergies et technologies fait l’objet d’une évaluation prenant en compte les objectifs de l’Accord de Paris ; chaque nouvel investissement renforce ainsi la résilience du portefeuille de la Compagnie.

Sensibilité au prix du CO2

Même si la tarification du CO2 ne s'applique pas actuellement dans tous les pays où la Compagnie opère, TotalEnergies prend en compte comme cas de base dans ses critères d'investissement un prix du CO2 minimum de 40 $/t (ou le prix en vigueur dans un pays donné, s'il est supérieur) avec une hypothèse d'augmentation linéaire de ce prix pour atteindre 100 $/t en 2030 ; au-delà de 2030, le prix du CO2 est inflaté de 2 % /an. Dans l'hypothèse où ce prix du CO2 serait de 200 $/t en 2030 puis inflaté de 2 % /an, soit une augmentation de 100 $/t par rapport au scénario de base à partir de cette date, TotalEnergies évalue un impact négatif de l'ordre de 9 % de la valeur actualisée de l'ensemble de ses actifs (amont et aval).

Sensibilité aux prix du pétrole et du gaz

Par rapport au scénario de base utilisé pour évaluer les investissements (Brent à 50 $/b), l'utilisation du scénario de prix NZE de l'AIE conduirait à une valeur actualisée de l'ensemble des actifs (amont et aval) de la Compagnie inférieure de l'ordre de 17 %.

Par ailleurs, pour assurer la robustesse de la comptabilisation de ses actifs au bilan, la Compagnie retient pour le calcul des dépréciations de ses actifs amont une trajectoire de prix du pétrole qui converge en 2040 vers le prix de 502022$/b du scénario SDS de l’AIE puis qui converge à partir de 2040 vers le prix retenu en 2050 par le scénario NZE de l’AIE, soit 252022$/b ; les prix retenus pour le gaz se stabilisent d’ici 2025 et jusqu’en 2040 à des niveaux plus faibles que les niveaux de prix actuels pour converger vers les prix du scénario NZE de l’AIE en 2050.

Gestion des risques

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Gestion des risques
Décrire comment l’organisation identifie, évalue et gère les risques relatifs au climat.
a) Décrire les processus de l’organisation pour identifier et évaluer les risques relatifs au climat.
b) Décrire les processus de l’organisation pour gérer les risques relatifs au climat.
c) Décrire comment les processus pour identifier, évaluer et gérer les risques relatifs au climat sont intégrés dans le management des risques de l’organisation.

Processus d’identification et d’évaluation des risques associés au changement climatique

Les risques associés aux enjeux climatiques font partie des risques analysés par le TotalEnergies Risk Management Committee. Ce dernier s’appuie sur les travaux de cartographie des risques. Par ailleurs, le Comité risques (CORISK) évalue préalablement à la présentation au Comex des projets d’investissement, les risques et les enjeux climatiques associés.

Chaque projet d’investissement significatif fait l’objet d’une évaluation prenant en compte les objectifs de l’Accord de Paris sur la base des critères suivants :

 

  • L’économie du projet est analysée dans un scénario de prix des hydrocarbures compatible avec les objectifs de l’Accord de Paris (Brent à 50 $/b et Henry Hub à 2,5 $/Mbtu), en considérant un prix du CO2 qui atteint 100 $2030/t en 2030 et au-delà ;
  • pour les nouveaux projets pétroliers et gaziers (projets greenfield et acquisitions), l’intensité des émissions de GES (Scope 1+2) est comparée suivant leur nature à l’intensité des émissions de GES moyenne des actifs de production amont ou à celle des diverses unités aval (usines GNL, raffinage) de l’entreprise. Pour les investissements additionnels sur des actifs existants (projets brownfield), le projet devra contribuer à baisser l'intensité des émissions (Scope 1+2) de l'actif concerné. L’objectif est que chaque nouvel investissement contribue à baisser l’intensité moyenne des émissions de GES (Scope 1+2) de l’entreprise dans sa catégorie.
  • pour les projets relatifs aux autres énergies et technologies (biocarburants, biogaz, CCS…), les réductions d'émissions de GES sont évaluées pour leur contribution à la baisse des émissions de la Compagnie.

En 2021, 12 investissements significatifs ont été évalués selon ces critères :

  • projets greenfield : Mero 4 (Brésil) et Bloc 10 (Oman) ;
  • projets brownfield : Tommeliten Alpha (Norvège) et Al Shaheen Phase 2 (Qatar) ;
  • acquisitions : Atapu (Brésil), Sépia (Brésil), Ratawi (Irak), Waha (Libye) ;
  • projets nouvelles énergies : projet BioBéarn (France), projet biogaz Del Rio (États-Unis) ;
  • projets puits de carbone : puits naturel de carbone Batéké (République du Congo), puits naturel de carbone Blue Mountain (Pérou).

Par ailleurs, plusieurs projets d’investissements de génération d'électricité renouvelable, par nature compatibles avec ces objectifs, ont été approuvés, tels que les projets éoliens en mer Round 4 et Scotwind (Royaume-Uni), Yunlin (Taiwan), cinq projets éoliens terrestres en France totalisant près de 200 MW de capacité brute, et plusieurs projets solaires photovoltaïques en France, en Espagne, en Irak et aux États-Unis pour environ 3 GW de capacité brute.

Les projets sanctionnés en 2021 ont :

  • une rentabilité supérieure au seuil défini en interne, dans un scenario compatible avec les objectifs de l’Accord de Paris, à l’exception des projets de puits naturels de carbone qui sont évalués à l’aune du prix de revient de la tonne de CO2
  • une intensité des émissions de GES (Scope 1+2) inférieure à l'intensité moyenne de leur catégorie pour les nouveaux projets pétroliers et gaziers et une intensité contribuant à la baisse de l'actif considéré pour les projets brownfield; certains projets Amont ont une intensité d'émissions qui augmente avec le temps quand la production décline, ce qui nécessitera des mesures complémentaires de maîtrise des émissions.

L'Amont privilégie la création de valeur et la génération de cash par rapport au volume et vise en priorité à développer des projets à coût bas (typiquement moins de 20 $/b pour les coûts opératoires + les coûts d’investissement) ou présentant des point-morts bas (typiquement 30 $/b y compris fiscalité) et à faibles émissions (typiquement moins de 20 kg CO2/b).

En application de la nouvelle ambition biodiversité de TotalEnergies, tout nouveau projet d’investissement doit également respecter le critère de « zéro déforestation nette ».

Processus de gestion des risques associés au changement climatique

Dans son processus décisionnel, les risques et les enjeux climatiques associés sont évalués préalablement à la présentation des projets au Comité exécutif. Si le niveau de risque le requiert, ils font l’objet de mesures d’atténuation. TotalEnergies, conformément à la charte Sécurité Santé Environnement Qualité, veille en particulier à maîtriser ses consommations énergétiques et développe des procédés visant à améliorer ses performances énergétiques et celles de ses clients.

En termes d’adaptation au changement climatique, deux types de risques existent : les risques physiques et les risques de transition. Les risques physiques correspondent aux impacts physiques du changement climatique comme l’augmentation en nombre ou en sévérité de phénomènes climatiques extrêmes. Les risques de transition sont les risques réglementaires, législatifs, technologiques ou de marché lié à la transition (se reporter à la section « Stratégie »). La Compagnie intègre les risques physiques lors de la phase de conception de ses nouvelles installations. Les aléas climatiques pris en compte intègrent les dernières données disponibles du GIEC et les installations que TotalEnergies construit sont dimensionnées pour résister à des phénomènes météorologiques extrêmes. Les analyses incluent une revue par type d’aléa (niveau de la mer, tempêtes, température, permafrost, etc.) et prennent en compte la durée de vie des projets et leur capacité à s’adapter progressivement. La conception des projets en cours intègre les données publiées par le GIEC concernant l'accroissement de l’aléa climatique. Pour les installations existantes, leur vulnérabilité aux aléas climatiques est réévaluée selon un processus de progrès continu en fonction de l’évolution des connaissances scientifiques des impacts précis du changement climatique, afin que leurs conséquences n’affectent ni l’intégrité des installations, ni la sécurité des personnes. De façon plus générale, les aléas naturels (aléas climatiques, mais aussi sismiques, tsunami, tenue des sols, etc.) sont pris en compte. Les études internes conduites n’ont pas identifié d’installations qui ne résistent pas aux conséquences du changement climatique connues à ce jour.

Intégration des risques climatiques dans la gestion globale des risques

Les risques associés aux enjeux climatiques sont intégrés aux processus globaux de gestion des risques de TotalEnergies.

Le Comité d’audit examine annuellement la Déclaration de performance extra-financière laquelle comprend les performances issues des reportings climatiques et environnementaux de la Compagnie. Ces résultats sont par ailleurs audités par un organisme tiers indépendant.

Objectifs et indicateurs pour mesurer les risques et opportunités liés au changement climatique

Classification de la TCFD
Thématique Recommandations
Indicateurs & objectifs
Décrire les indicateurs et objectifs utilisés pour évaluer et gérer les risques et opportunités relatifs au climat, dans la mesure où l’information est pertinente.
a) Décrire les indicateurs utilisés par l’organisation pour évaluer les risques et opportunités relatifs au climat, en liaison avec sa stratégie et son processus de management des risques.
b) Publier les émissions de gaz à effet de serre (GES) de Scope 1, Scope 2, et, si c’est pertinent, de Scope 3, et les risques correspondants.
c) Décrire les objectifs utilisés par l’organisation pour gérer les risques et opportunités relatifs au climat, et sa performance par rapport aux objectifs.

Afin de soutenir son ambition de neutralité carbone (zéro émission nette) au niveau mondial (Scope 1+2+3), ensemble avec la société, TotalEnergies s’est fixé des objectifs et a mis en place un ensemble d’indicateurs pour piloter sa performance.

Il convient de noter que la baisse des émissions de GES de la Compagnie (Scope 1+2+3) en 2020, et dans une moindre mesure en 2021, est en partie liée à l’impact de la pandémie COVID-19 sur les activités de TotalEnergies, d’où la mention d'estimations hors effet COVID-19.

Indicateurs liés au changement climatique

Consulter les indicateurs Climat

Ces données, ainsi que les risques associés, sont également rapportées annuellement au CDP(35) et la réponse de TotalEnergies au questionnaire du CDP Climate Change est publiée sur le site internet de TotalEnergies. Pour son reporting 2021 portant sur la période 2020, la Compagnie a obtenu la note A-.

(35) Le CDP est un organisme à but non lucratif qui propose un reporting environnemental pour les investisseurs, les entreprises, les villes, les États et les régions.

Table de correspondance TCFD

En juin 2017, la TCFD (Task force on Climate-related Financial Disclosures) du Conseil de stabilité financière du G20 a publié ses recommandations finales en matière d’informations relatives au climat à communiquer par les entreprises. Ces recommandations comprennent des précisions additionnelles pour certains secteurs comme celui de l’énergie. TotalEnergies a publiquement apporté son soutien à la TCFD et à ses recommandations et les met en œuvre depuis son rapport annuel 2017.

TotalEnergies a poursuivi le dialogue en participant au TCFD Oil & Gas Preparer Forum, qui a publié, en juillet 2018, des bonnes pratiques en matière de divulgation des informations relatives au climat et de la mise en œuvre des recommandations de la TCFD par les quatre sociétés membres du forum(36).

En 2019, TotalEnergies a également participé à la première Task Force mise en place par le Reporting Lab de l’EFRAG (European Financial Reporting Advisory Group) sur les Climate-related disclosures, dont l’objectif est l’identification des meilleures pratiques en la matière. Cette Task Force a publié le résultat de ses travaux en février 2020.

En application des dernières recommandations de la TCFD publiées en octobre 2021 (Guidance on Metrics, Targets and Transition Plan), une série d’indicateurs et d'objectifs propres aux risques climatiques est par ailleurs en cours d’étude afin de faciliter la réconciliation avec les données de performance financière.

Consulter la page TCFD de TotalEnergie

Télécharger la table de correspondance TCFD

(36) Eni, Equinor, Shell et TotalEnergies, avec le soutien du WBCSD (World Business Council for Sustainable Development).

Taxonomie européenne

Le règlement Taxonomie (UE) 2020/852 (« le Règlement ») établit un système de classification commun à l’Union européenne dont l’objectif est d’identifier les activités économiques considérées comme durables, en référence à six objectifs environnementaux.

Ces six objectifs environnementaux définis à l’article 9 du Règlement sont les suivants :

  • l’atténuation du changement climatique ;
  • l’adaptation au changement climatique ;
  • l’utilisation durable et la protection des ressources aquatiques et marines ;
  • la transition vers une économie circulaire ;
  • la prévention et la réduction de la pollution ;
  • la protection et la restauration de la biodiversité et des écosystèmes.

Au sens de l’article 3 du Règlement une activité économique est considérée comme durable sur le plan environnemental, si cette activité économique :

  • contribue substantiellement à un ou plusieurs des objectifs environnementaux énoncés à l’article 9,
  • ne cause de préjudice important à aucun des objectifs environnementaux énoncés à l’article 9,
  • est exercée dans le respect des garanties minimales prévues à l’article 18 du Règlement ; et
  • est conforme aux critères d’examen technique établis par la Commission.

Le règlement délégué (UE) 2021/2139 du 4 juin 2021 complétant le règlement (UE) 2020/852 du Parlement européen et du Conseil définit les critères d’examen technique permettant de déterminer à quelles conditions une activité économique peut être considérée comme contribuant substantiellement à l’atténuation du changement climatique ou à l’adaptation à celui-ci. Il établit également pour chacun des objectifs environnementaux énoncés à l’article 9 du Règlement les critères d’examen technique permettant de déterminer si cette activité économique ne cause pas de préjudice important à un ou plusieurs de ces objectifs environnementaux.

Les garanties minimales visées à l’article 3 du Règlement sont des procédures mises en œuvre par une entreprise pour s’aligner sur les principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales et les principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme, y compris les principes et les droits fixés par les huit conventions fondamentales citées dans la déclaration de l’Organisation internationale du travail relative aux principes et droits fondamentaux au travail et par la Charte internationale des droits de l’homme.

Afin de reconnaître « le rôle du gaz naturel comme technologie importante de réduction des émissions de gaz à effet de serre »(37), le règlement délégué (UE) 2021/2139 du 4 juin 2021 prévoit d’être complété par un règlement délégué complémentaire sur les activités liées au gaz naturel, qui est en cours d'approbation à la date de publication du Document d’enregistrement universel 2021.

A la date de publication du Document d’enregistrement universel 2021, seuls les critères d’examen techniques relatifs aux deux premiers objectifs environnementaux – l’atténuation du changement climatique et l’adaptation au changement climatique – sont entrés en vigueur. Les critères d’examen techniques relatifs aux quatre autres objectifs environnementaux qui seront également fixés par voie de règlements délégués, sont encore en cours de négociation ou d’élaboration.

(37) Se reporter au (28) du règlement délégué (UE) 2021/2139 du 4 juin 2021

Cadre de reporting

L’article 8 du Règlement soumet les entreprises(38) à l’obligation d’inclure « dans leur déclaration de performance non financière consolidée des informations sur la manière et la mesure dans laquelle les activités de l’entreprise sont associées à des activités économiques pouvant être considérées comme durables sur le plan environnemental au titre des articles 3 et 9 du […] règlement ».

En particulier, les entreprises visées doivent publier les informations suivantes :

  • la part de leur chiffre d’affaires provenant de produits ou de services associés à des activités économiques pouvant être considérées comme durables sur le plan environnemental ;
  • la part de leurs dépenses d’investissement et la part de leurs dépenses d’exploitation liée à des actifs ou à des processus associés à des activités économiques pouvant être considérées comme durables sur le plan environnemental.

Le règlement délégué (UE) 2021/2178 du 6 juillet 2021 complétant le Règlement précise le contenu et la présentation des informations que doivent publier les entreprises sur leurs activités économiques durables sur le plan environnemental, ainsi que la méthode à suivre pour se conformer à cette obligation d’information.

Le règlement délégué précise les définitions suivantes :

  • une activité économique éligible à la taxonomie (« Activités Eligibles ») est une activité économique décrite dans le règlement délégué (UE) 2021/2139 du 4 juin 2021, qu'elle remplisse ou non une partie ou l’ensemble des critères d’examen technique énoncés dans ce règlement délégué ;
  • une activité économique non éligible à la taxonomie est une activité économique qui n’est pas décrite dans le règlement délégué (UE) 2021/2139 du 4 juin 2021 ;
  • une activité économique alignée sur la taxonomie est une activité économique qui satisfait aux exigences énoncées à l’article 3 du Règlement.

Les obligations de reporting prévues dans le règlement délégué s’échelonnent en plusieurs étapes :

  • l’article 10 du règlement délégué (UE) 2021/2178 du 6 juillet 2021 prescrit aux entreprises non financières de publier en 2022, uniquement la part d’activités économiques éligibles à la taxonomie et d’activités économiques non éligibles à la taxonomie dans leur chiffre d'affaires total, leurs dépenses d'investissement totales et leurs dépenses opérationnelles totales, ainsi que les informations qualitatives visées par la réglementation qui sont pertinentes pour cette publication.
  • Les indicateurs publiés (chiffre d’affaires, CapEx, OpEx) à la section « Éligibilité des activités de TotalEnergies » de cette Déclaration de performance extra-financière rapportent uniquement la part des activités économiques éligibles à la taxonomie. Ils portent uniquement sur les données de l’exercice 2021 sans information comparative au titre de l’exercice 2020.
  • A compter du 1er janvier 2023, le reporting sera complété par la publication des parts des trois indicateurs qui sont associées à des activités économiques alignées sur la Taxonomie européenne. Les indicateurs publiés en 2023 porteront sur les données de l’exercice 2022 sans information comparative au titre de l’exercice 2021. Cependant, à titre d’information, la section « Alignement des activités de TotalEnergies » présente également une évaluation préliminaire de la part des activités alignées sur les indicateurs chiffre d’affaires et CapEx.

(38) Entreprise soumise à l’obligation de publier des informations non financières conformément à l’article 19 bis ou à l’article 29 bis de la directive 2013/34/UE

Éligibilité des activités de TotalEnergies

TotalEnergies a calculé la part de ses activités économiques éligibles et non-éligibles au sens du Règlement, sur la base des dispositions du règlement délégué (UE) 2021/2139 du 4 juin 2021 et du règlement délégué (UE) 2021/2178 du 6 juillet 2021.

Le tableau ci-dessous présente ainsi la part des activités économiques éligibles et non-éligibles de TotalEnergies sur 3 indicateurs financiers : le chiffre d’affaires, les dépenses d’investissements (« CapEx ») et les dépenses d’exploitation (« OpEx »), au sens de la réglementation sur la Taxonomie, sur le périmètre des entités contrôlées exclusivement et consolidées par TotalEnergies SE.

Le tableau présente également, dans une démarche de reporting volontaire proposée par le règlement délégué du 6 juillet 2021, une vue proportionnelle des indicateurs chiffre d’affaires et CapEx, intégrant la contribution des sociétés en contrôle conjoint et sur lesquelles TotalEnergies SE exerce une influence notable, comptabilisées par la méthode de la mise en équivalence (se reporter à la note 18 de l’annexe aux comptes consolidés du Document d’enregistrement universel 2021).

Compte tenu de la taille de la Compagnie et du mode de développement en partenariat retenu pour développer sa stratégie dans le domaine électricité et renouvelables, la vue proportionnelle est plus pertinente pour TotalEnergies que la vue consolidée.

Ces indicateurs tiennent compte également du projet de règlement délégué sur les activités liées au gaz naturel.

Activités éligibles 2021 Périmètre contrôlé Vue proportionnelle
  Chiffre d'affaires CapEx OpEx Chiffre d'affaires CapEx
Renouvelables et électricité 2,4 % 8,9 % 5,0 % 2,6 % 21,7 %

dont Production d'électricité à partir de gaz naturel*

1,1 % 0,9 % 0,8 % 1,0 % 0,6 %
Raffinage et chimie 7,4 % 2,7 % 9,1 % 8,5 % 4,1 %
Autres activités éligibles 0,1 % 1,8 % 0,6 % 0,1 % 1,6 %
TOTAL ELIGIBLE 9,9 % 13,4 % 14,7 % 11,2 % 27,4 %
TOTAL NON ELIGIBLE 90,1 % 86,6 % 85,3 % 88,8 % 72,6 %

*selon le projet d'acte délégué (applicable au 1er janvier 2023).

Activités éligibles de TotalEnergies

Les Activités Éligibles de TotalEnergies portent uniquement sur l’objectif d’atténuation du changement climatique.

  • Pour le secteur Integrated Gas, Renewables & Power de TotalEnergies, les principales Activités Eligibles sont les suivantes :
  • Pour le secteur Raffinage-Chimie, les principales Activités Eligibles sont les suivantes :
    • Les activités liées à la fabrication de biocarburants à usage des transports (se reporter au point 2.4.1.1 du Document d’enregistrement universel 2021).
    • Les activités liées à la fabrication de produits chimiques organiques de base et à la fabrication de matières plastiques de base couvrent une part importante des activités de pétrochimie de la Compagnie. Certaines peuvent constituer des « activités transitoires », au sens de la réglementation européenne sur la taxonomie, dès lors qu’elles satisfont aux critères d’examen technique du règlement délégué (UE) 2021/2139 du 4 juin 2021, notamment en ce qui concerne les domaines de la production de biopolymères et du recyclage mécanique ou chimique des plastiques (se reporter au point 2.4.1.1 du Document d’enregistrement universel 2021).
  • Pour le secteur Exploration-Production, les principales Activités Eligibles sont celles liées aux puits de carbone : captage et stockage de CO2 ainsi que développement de puits naturels de carbone (se reporter aux points 2.2.2.2 et 2.2.2.3 du Document d’enregistrement universel 2021).
  • Pour le secteur Marketing & Services, les principales Activités Eligibles sont celles liées aux infrastructures des nouvelles énergies de la mobilité : la construction et l’exploitation d’infrastructures favorables aux transports routiers et aux transports publics à faible intensité de carbone, comme les points de recharges pour véhicules électriques et les stations de réapprovisionnement en hydrogène (se reporter au point 2.5.1 du Document d’enregistrement universel 2021).

L’analyse des textes a conduit TotalEnergies à considérer que, parmi ses activités, ne sont notamment pas éligibles au sein de la réglementation sur la taxonomie :

Définition des indicateurs financiers et méthodologie

La part des Activités Eligibles (non-éligibles) sur le chiffre d’affaires, les CapEx et les OpEx (les « Ratios d’Eligibilité ») est calculée en divisant respectivement le chiffre d’affaires, les CapEx et les OpEx associés aux Activités Eligibles (non-éligibles) de la Compagnie (le numérateur), par le chiffre d’affaires, les CapEx et les OpEx totaux de TotalEnergies (le dénominateur).

Les indicateurs financiers sur lesquels se fondent les Ratios d’Eligibilité du périmètre contrôlé sont déterminés à partir des données financières utilisées pour la préparation des comptes consolidés de TotalEnergies SE, établis en conformité avec les normes comptables internationales IFRS.

  • Le chiffre d’affaires correspond aux Produits des ventes tels qu’ils sont présentés dans le compte de résultat consolidé (se reporter au point 8.2 du Document d'enregistrement universel 2021), c’est-à-dire au chiffre d’affaires externe consolidé hors droits d’accises.
  • Les CapEx correspondent aux entrées d’actifs corporels et incorporels, c’est-à-dire au coût de construction ou d’acquisition des nouvelles immobilisations corporelles et incorporelles comptabilisées au bilan consolidé (se reporter au point 8.4 du Document d'enregistrement universel 2021) y compris dans le cadre d’un regroupement d’entreprises. Ces entrées d’actifs s’entendent avant amortissement et avant toute remesure, y compris les remesures résultant de réévaluations et de dépréciations, et à l’exclusion des variations de juste valeur. Ils incluent les droits d’usage des nouveaux contrats de location et ils excluent les acquisitions de titres de sociétés mises en équivalence et de sociétés non consolidées, ainsi que les prêts accordés à ces sociétés.
  • Les OpEx correspondent uniquement aux coûts directs non capitalisés liés à la recherche et développement, aux locations à court terme, aux mesures de rénovation des bâtiments et à l’entretien et la réparation. Ces coûts sont inclus dans les Autres charges d’exploitation dans le compte de résultat consolidé (se reporter au point 8.2 du Document d'enregistrement universel 2021).

Les Ratios d’Eligibilité calculés en vue proportionnelle se fondent sur les indicateurs financiers chiffre d’affaires et CapEx mais élargissent le périmètre des entités contributrices, au numérateur comme au dénominateur, aux sociétés en contrôle conjoint et sur lesquelles TotalEnergies SE exerce une influence notable comptabilisées par la méthode de la mise en équivalence à hauteur de la quote-part d’intérêt détenue par TotalEnergies.

La méthodologie de détermination des Activités Eligibles, la définition précise des indicateurs financiers et l’ensemble des critères et hypothèses retenus ont été documentés dans un manuel interne. Selon les évolutions futures de la règlementation et des interprétations des définitions, TotalEnergies entend compléter et préciser le calcul des Ratios d’Eligibilité.

Alignement des activités de TotalEnergies

A titre d’information, et en avance par rapport à l’application de la réglementation européenne en cours d’approbation, les tableaux ci-dessous présentent la part des activités éligibles et une évaluation préliminaire de la part des activités alignées sur les indicateurs chiffre d’affaires et CapEx, sur le périmètre des entités contrôlées par TotalEnergies, ainsi qu’une vue proportionnelle, proposée par le règlement délégué du 6 juillet 2021, intégrant la contribution des sociétés en contrôle conjoint et sur lesquelles TotalEnergies exerce une influence notable, comptabilisées par la méthode de la mise en équivalence. Ils tiennent compte du projet d’acte délégué sur les activités liées au gaz naturel.

Ces données ont été évaluées sur la base de l’année 2021 avec un rappel de l'estimation pour l'année 2020.

Périmètre contrôlé - 2021 Activités éligibles     Activités alignées
  Chiffre d'affaires CapEx Chiffre d'affaires CapEx
Renouvelables et électricité 2,4 % 8,9 % 1,3 % 8,0 %

dont Production d’électricité à partir de gaz naturel*

1,1 % 0,9 % 0,0 % 0,0 %
Raffinage et chimie 7,4 % 2,7 % 0,1 % 0,3 %
Autres activités éligibles 0,1 % 1,8 % 0,1 % 1,8 %
TOTAL 2021 9,9 % 13,4 % 1,5 % 10,1 %
TOTAL 2020 9,4 % 13,1 % 2,1 % 5,1 %

* selon le projet d'acte délégué (applicable au 1er janvier 2023).

Vue proportionnelle - 2021 Activités éligibles     Activités alignées
  Chiffre d'affaires CapEx Chiffre d'affaires CapEx
Renouvelables et électricité 2,6 % 21,7 % 1,6 % 21,1 %

dont Production d’électricité à partir de gaz naturel*

1,0 % 0,6 % 0,0 % 0,0 %
Raffinage et chimie 8,5 % 4,1 % 0,2 % 0,5 %
Autres activités éligibles 0,1 % 1,6 % 0,1 % 1,6 %
TOTAL 2021 11,2 % 27,4 % 1,9 % 23,2 %
TOTAL 2020 11,2 % 16,5 % 2,4 % 9,2 %

* selon le projet d'acte délégué (applicable au 1er janvier 2023).

Cette classification, définie par la Taxonomie, confirme la croissance en 2021 des CapEx éligibles et alignés de la Compagnie, qui représentent de l'ordre du quart du total des investissements.

S’agissant de l’analyse du critère réglementaire dit « Contribution substantielle » :

  • la majorité des Activités Eligibles liées aux énergies renouvelables ont une contribution substantielle à l’objectif d’atténuation du changement climatique dès lors qu’elles sont qualifiées d’éligibles.
  • la production d’électricité à partir de gaz naturel répond à ce critère, pour les centrales dont les émissions de gaz à effet de serre (GES) sont inférieures à 100 gCO2e/kWh, ou dans des configurations transitoires, pour les centrales dont le permis est accordé avant le 31 décembre 2030, si :
    • les émissions de GES de l’activité sont inférieures à 270 gCO2e/kWh ou les émissions annuelles de GES moyennées sur 20 ans sont inférieures à 550 kg CO2e/kW,
    • un engagement dûment documenté du management est pris pour un passage à 100 % de gaz renouvelables et décarbonés avant fin 2035,
    • l’activité considérée remplace une activité préexistante au charbon ou au fuel et
    • une étude comparative aura permis de démontrer qu’aucune alternative 100 % renouvelable n’était possible.
  • la fabrication de biocarburants à usage des transports répond à ce critère si le procédé utilise une biomasse non destinée à l’alimentation humaine ou animale qui respecte les critères de durabilité de la Directive sur les Energies renouvelables (RED) et qui permet une réduction des émissions de GES dues à la fabrication de ces biocarburants d’au moins 65 % par rapport aux combustibles fossiles.
  • la fabrication de produits chimiques organiques de base répond à ce critère si :
    • les émissions de GES (production) par produit sont inférieures à un seuil, ou
    • ces produits sont fabriqués avec une source renouvelable et que les émissions de GES cycle de vie, vérifiées par un tiers, sont inférieures aux produits équivalents issus de matières premières fossiles.
  • la fabrication de matières plastiques de base répond à ce critère si elles sont fabriquées :
    • entièrement à partir de recyclage mécanique, ou
    • entièrement à partir de recyclage chimique si le recyclage mécanique n’est pas techniquement réalisable ou économiquement viable et les émissions de GES cycle de vie, vérifiées par un tiers, sont inférieures à celles de la matière plastique équivalente produite à partir de matières premières fossiles ou
    • entièrement ou partiellement à partir de matières premières renouvelables si les émissions de GES cycle de vie, vérifiées par un tiers, sont inférieures à celles de la matière plastique équivalente produite à partir de matières premières fossiles.
  • la production de biogaz par digestion anaérobie de biodéchets répond à ce critère si les fuites de méthane et la traçabilité des intrants et des digestats sont maîtrisées et si la part des intrants alimentaires est inférieure à 10 %.

Les émissions de GES retenues correspondent aux meilleures estimations disponibles à ce stade et n’ont pas été vérifiées par un tiers.

S’agissant de l’analyse du critère réglementaire dit « Ne pas causer de préjudice important » à aucun des objectifs environnementaux, TotalEnergies s’appuie sur la direction HSE et les services HSE au sein des entités de la Compagnie qui veillent au respect des réglementations locales applicables, des exigences internes du cadre de référence One MAESTRO et des engagements complémentaires de la Compagnie (se reporter à la page « Enjeux environnementaux ») pour analyser si ses Activités Eligibles répondent à ce critère. Un recensement a été réalisé sur les Activités Eligibles de TotalEnergies en 2021 établissant, par activité, une évaluation préliminaire du risque de non-respect de ce critère. Pour les activités localisées hors d’Europe, une analyse détaillée est nécessaire et en cours pour s’assurer que les réglementations applicables et les pratiques locales sont compatibles avec les prescriptions de la réglementation européenne.

S’agissant de l’analyse du critère réglementaire dit « Garanties minimales », TotalEnergies est engagée à respecter, partout où la Compagnie exerce ses activités, les droits humains internationalement reconnus en particulier la Déclaration universelle des droits de l’Homme, les conventions fondamentales de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), les Principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme, les Principes directeurs de l’OCDE pour les entreprises multinationales et les Principes Volontaires sur la Sûreté et les Droits de l’homme (VPSHR) (se reporter à la page « Éthique des affaires »). La Compagnie se réfère à ces standards dans l’examen de la conformité de ses Activités Eligibles.

TotalEnergies Energy Outlook

Afin de définir un mix énergétique adapté aux besoins en énergie et limitant les émissions de GES, TotalEnergies a analysé les scénarios de l’AIE développés jusqu’en 2040 et élaboré ses propres scénarios décrits dans le TotalEnergies Energy Outlook pour le long terme jusqu’en 2050.