The Energy Exchange - Pourquoi le GNL est-il vital pour notre avenir énergétique ?
23/03/2026
Alors que les systèmes énergétiques sont confrontés à des incertitudes géopolitiques et au défi de la réduction des émissions, le GNL s'impose comme indispensable au maintien de l'approvisionnement énergétique. TotalEnergies est un acteur majeur du GNL, notamment aux États-Unis, où il est le premier exportateur de GNL américain.
Dans ce premier épisode d'Energy Exchange, trois experts partagent leurs points de vue sur le GNL :
- Delaram Hormozastarabady (Directrice, Global LNG Amérique du Nord chez TotalEnergies)
- Laurent Ruseckas (Directeur exécutif, First Take Gas, Géopolitique et Finance chez S&P Global Energy) ;
- Kenneth B. (Directeur principal au Centre d'études sur l'énergie de l'Institut Baker)
[Filmed in February 2026]
[The world is using more energy than ever before]
Laurent Ruseckas, Executive Director, First Take Gas, Geopolitics, Finance, S&P Global Energy : population augmente, l’économie progresse, la demande en énergie aussi.
[As energy systems face geopolitical uncertainty and the challenge of less emissions]
Kenneth B. Medlock III, Senior Director, Center for Energy Studies, Baker Institute : À la moindre coupure d’électricité, mon usine s’arrête, ma maison refroidit.
[Liquefied natural gas is becoming a fuel that keeps the lights on]
Delaram Hormozastarabady, Managing Director, Global LNG North America TotalEnergies : L’approvisionnement est donc essentiel. Le GNL permet d’acheminer du gaz naturel dans le monde entier, et c’est quelque chose qu'on ne pouvait pas faire avant.
[The Energy Exchange]
[Pourquoi le GNL est-il vital pour notre avenir énergétique ?]
Delaram Hormozastarabady : GNL signifie "gaz naturel liquéfié".
[Liquefied Natural Gas]
Le gaz naturel est porté à une température si basse qu’il devient liquide.
[LNG occupies 1/600th Of natural gas’s volume]
Laurent Ruseckas: On arrive à charger 600 fois plus de GNL. Ce qui permet de relier des pays hors d’atteinte des gazoducs.
[Enabling long distance transport]
Kenneth B. Medlock III: Depuis le début du GNL, dans les années 1960, le marché s’est considérablement étendu, permettant de mieux relier les marchés mondiaux.
[Global LNG demand is growing]
Delaram Hormozastarabady : Le gaz naturel représente aujourd’hui un quart du mix énergétique mondial.
[25% of global energy mix]
En 2025, le GNL représentait 13 % de l’ensemble du gaz naturel.
[400 million tons]
Les volumes échangés au niveau mondial ont atteint 400 millions de tonnes, ce qui est énorme pour une industrie aussi récente.
Laurent Ruseckas : Seuls 24 pays produisent et exportent du GNL. Les deux géants historiques étaient l’Australie et le Qatar, mais les États-Unis sont devenus le mastodonte du GNL mondial.
[TotalEnergies ships 19 million tons of U.S. LNG]
Delaram Hormozastarabady : TotalEnergies est le premier exportateur de GNL américain, avec 19 millions de tonnes transportées à travers le monde.
[Cameron LNG, Louisiana]
Cameron LNG est l’un de nos principaux actifs aux États-Unis, On est impliqué sur toute la chaîne de l’entreprise. On fournit le gaz et on détient une part de l’actif de liquéfaction.
[Rio Grande LNG, Texas]
Si l’on ajoute le projet Rio Grande, en cours de construction, TotalEnergies joue dans la cour des grands.
Kenneth B. Medlock III : Ce qui est intéressant, aux États-Unis, c’est qu’ils ont introduit un modèle très différent sur le marché mondial. Il y a un transfert de titre du liquéfacteur au transporteur, lequel peut charger le GNL sur ses méthaniers et l’expédier où il veut.
[TotalEnergies is a global integrated energy company that produces and markets energies (oil and biofuels, natural gas, biogas and low-carbon hydrogen, renewables and electricity) and is staying the course of its transition strategy. Learn more on totalenergies.com/energy-transition]
Laurent Ruseckas: Un grand avantage du GNL, pour un acheteur, c’est la flexibilité. Selon les conditions du marché et l’évolution de la demande, il peut retarder ou accélérer ses importations de GNL.
[Europe’s energy landscape Changed overnight]
Avant que la Russie coupe le robinet, le GNL représentait 15-20 % de l’approvisionnement en gaz de l’Europe. Mais tout a changé. Aujourd’hui, c’est environ 38 %.
Kenneth B. Medlock III : Le GNL américain a pu être en grande partie redirigé vers l’Europe pour compenser.
Delaram Hormozastarabady : L’Europe ne réduit pas ses besoins et sa demande en GNL.
Les renouvelables ont beau pénétrer le marché, c’est loin de suffire. Côté demande, c’est vraiment l’Asie qui est aux commandes. Japon, Corée et Chine sont les trois premiers importateurs de GNL au monde. Ils consomment énormément et n’ont pas les ressources pour faire face à la demande. Le GNL est vital pour ces pays.
Laurent Ruseckas : En Asie, et surtout dans les économies émergentes d’Asie du Sud et du Sud-Est, le gaz est le carburant de la croissance.
[LNG is increasingly working alongside renewables To meet demand]
Delaram Hormozastarabady : Le GNL ne joue pas contre les renouvelables. Au contraire, c’est un allié. Le GNL est indispensable pour stabiliser les réseaux et accompagner l’essor des renouvelables. On n’y est pas encore. Les réseaux ont besoin de la fiabilité et de la flexibilité qu’apporte le GNL. Prenez l’exemple d’ERCOT, au Texas : quand le vent souffle et que le soleil brille, les renouvelables assurent plus de la moitié de la production. Mais on ne peut pas compter dessus 7j/7 et 24h/24. Le système doit donc intégrer flexibilité et redondance. Le gaz est une formidable énergie qui apporte redondance et flexibilité. Il prend la relève. Et ce, de façon très efficace économiquement. Les data centers sont un domaine de croissance et le gaz, associé aux renouvelables, est un peu la solution, en tout cas pour l’instant.
Le GNL permet aux pays de remplacer facilement le charbon et de réduire les émissions.
Kenneth B. Medlock III : Les émissions de CO2 augmentent partout depuis 2000. Mais pas aux États-Unis. En grande partie du fait que le gaz remplace le charbon depuis 2007. Ce n’est pas une décision politique mais un fait économique.
[Innovation is making LNG smarter]
Delaram Hormozastarabady : Quand on parle de décarboner l’industrie du GNL, on parle de trois grands piliers.
[reducing methane emissions]
D’abord, la réduction des émissions de méthane.
[reducing plant emissions]
Ensuite, les usines de liquéfaction : comment les rendre plus propres, grâce à l’électrification ou éventuellement au captage du carbone ?
[100% electrically driven by solar power]
Dernier pilier : le transport, le transport maritime. Comment améliorer l’efficacité et réduire les émissions des méthaniers ?
[more efficient shipping]
On peut envisager de transformer le gaz naturel en e-carburants. On peut aussi penser à la combustion directe avec captage du carbone.
Kenneth B. Medlock III : Les innovations qui se profilent à l’horizon vont contribuer à ce que le gaz naturel reste un carburant de choix pour un avenir décarboné.
Laurent Ruseckas : Si l’on se projette à l’horizon 2050, le GNL fait figure de carburant de destination.
Delaram Hormozastarabady : Les renouvelables vont croître énormément, mais de nombreux marchés auront aussi besoin du GNL. Il concilie nos besoins d’aujourd’hui et nos actions pour demain.
[Logo TotalEnergies]