Breakthrough Energy Ventures : retour sur le fonds avec Bill Gates

07/06/2017

 

Interview de Bill Gates – Patrick Pouyanné
Les partenaires industriels comme TotalEnergies comprennent le secteur de l’énergie mieux que quiconque. Ils fournissent des solutions énergétiques fiables et abordables à grande échelle.
Bill Gates Fondateur de Microsoft et du fonds Breakthrough Energy Ventures

À l’heure où réduire les émissions de GES s’impose comme une priorité, Bill Gates lance le fonds Breakthrough Energy Ventures (BEV), doté d’un milliard de dollars. Son objectif est de financer des technologies moins émettrices qui permettront de produire de l’énergie bas carbone. Fort de son expertise, Total soutient cette nouvelle initiative et a été reconnu par la BEV comme partenaire technique et stratégique.

Qu’est-ce qui rend la BEV si originale et en quoi pourrait-elle devenir un catalyseur clé pour l’avenir de l’énergie ?
Dans les nouvelles technologies, il est toujours difficile de passer du laboratoire à la mise sur le marché. Cela est particulièrement vrai pour le secteur de l’énergie, car les systèmes énergétiques sont très lents à évoluer et il n’y a pas toujours d’incitation en la matière. Il faut à la fois une vision scientifique et une expérience concrète dans la création d’entreprises. La BEV est unique car elle cumule la vision et l’expérience. Elle regroupe une équipe de scientifiques et d’entrepreneurs pluridisciplinaires dont la mission est d’identifier les idées les plus prometteuses, tant sur le plan technique que commercial.

La BEV réunit également un panel unique d’investisseurs patients et prêts à prendre certains risques, qui souhaitent accélérer la commercialisation des nouvelles technologies dans le domaine de l’énergie. Ce sont des acteurs avertis et expérimentés, qui disposent d’un grand nombre de contacts dans le domaine de l’énergie et des secteurs connexes. La BEV souhaite également s’associer à des instituts de recherche et à des entreprises qui, comme Total, fournissent une énergie fiable et abordable, afin de faire émerger les technologies les plus prometteuses.

Qu’attendez-vous de Total en tant que partenaire stratégique de votre initiative ?
Les partenaires industriels comme Total comprennent le secteur de l’énergie mieux que quiconque. Ils fournissent des solutions énergétiques fiables et abordables à grande échelle, et ils ont les infrastructures adéquates. Dans de nombreux cas, je pense que les partenaires industriels contribueront au dimensionnement et à la commercialisation des nouvelles technologies développées par les entreprises de la BEV. Et j’espère qu’ils nous donneront leur avis sur les nouvelles technologies qu’ils estiment les plus à même de réussir sur le marché.

Que peuvent faire les entreprises privées, notamment dans le secteur de l’énergie, pour mieux lutter contre le changement climatique ?
D’ici 2050, la demande mondiale en énergie sera 50 % plus élevée qu’aujourd’hui, et il faudra répondre à cette demande en utilisant des sources qui ne contribuent pas au changement climatique. C’est un immense défi, mais nous pouvons y arriver si des sauts technologiques sont réalisés. Les pouvoirs publics, les instituts de recherche, les entreprises et les investisseurs privés ont tous un rôle à jouer. Pour le secteur privé, cela signifie transformer la recherche de qualité en un produit formidable et créer une entreprise forte pour commercialiser une technologie qui change la donne. C’est un pan essentiel de la solution que seules les entreprises peuvent apporter.

J’encourage les dirigeants politiques à augmenter les budgets de R&D, mais il faut que nous soyons toujours plus nombreux à défendre cette position. Donc, outre le fait de contribuer aux travaux en eux- mêmes, les entreprises du secteur de l’énergie peuvent encourager les États à investir dans la R&D dans ce domaine.