Le gaz, allié naturel de la transition énergétique

28/05/2015

Concilier croissance économique et maîtrise du changement climatique est le principal enjeu de la transition énergétique que le monde doit opérer. Et c'est une énergie fossile qui, au côté des renouvelables, pourrait changer la donne : le gaz naturel, dont la demande est appelée à croître fortement.

Gaz transition énergétique changement

Les professionnels du secteur ne cessent de le répéter : le gaz naturel fait partie de la transition énergétique mondiale. Il est une partie de la solution et est le complément indispensable aux énergies renouvelables. Ces dernières, même si elles montent en puissance, ne devraient représenter que 19 % du mix énergétique mondial en 2040, contre 14 % en 2013, selon l'Agence Internationale de l'Energie (AIE), tandis que la part du nucléaire passerait, elle, de 5 % (également en 2013) à 7 % seulement en 2040.

Autant dire que l'économie mondiale aura encore besoin d'énergies fossiles dans les années à venir... Et besoin des centrales électriques, qui pourraient largement s'appuyer sur le gaz naturel pour leur production. Les professionnels militent également pour un usage accru du gaz naturel dans les transports, grâce à une conversion des flottes de poids lourds et de navires, et pourquoi pas des véhicules individuels, ainsi que pour les usages industriels.

Une combustion moins polluante que celle du charbon 

Car le gaz naturel présente des avantages en termes de coûts, de flexibilité et sur le plan environnemental. De fait, les émissions de CO2 liées à sa combustion pour la production d’électricité s'élèvent à la moitié seulement de celles provenant de la combustion du charbon. Un bon point pour la planète, face au défi du réchauffement climatique. Et la conversion au gaz est aisée, notamment pour la génération électrique : il ne faut que deux ans pour construire une centrale à gaz.

Aux États-Unis, la part du charbon dans la production d’électricité est passée de 50 % en 2004 à 40 % en 2013 grâce à un plus grand recours au gaz naturel. Et le mouvement devrait s’accélérer puisque l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) a proposé, en 2014, un plan de réduction drastique des émissions de CO2 des centrales électriques existantes. Objectif : réduire de 30 % les rejets d’ici à 2030 par rapport à 2005. Une ambition qui devrait se traduire par de nouvelles fermetures de centrales à charbon.

Quant à la Chine, elle se convertit elle aussi : après avoir éliminé plusieurs centrales électriques au charbon ces derniers mois, elle fermera la dernière encore en activité à Pékin l'an prochain, pour la remplacer par une nouvelle centrale au gaz. Tout un symbole, pour un pays aux prises avec une extrême pollution.

Le gaz, la seule énergie fossile à progresser dans le mix énergétique mondial

Autre atout du gaz pour les économies, émergentes comme industrialisées : il existe en abondance sur la planète. D'autant que les découvertes se sont multipliées ces dernières années. Selon les chiffres de l’AIE à fin 2014, les réserves mondiales de gaz conventionnel s'élevaient à 437 000 milliards de mètres cubes, auxquelles s’ajoutaient, pour 344 000 milliards de mètres cubes, les réserves de gaz non conventionnel (gaz de schiste, gaz de réservoir et gaz de houille). La Russie, l'Iran et le Qatar disposent des plus importantes réserves de gaz conventionnel prouvées au monde. En ce qui concerne le gaz de schiste, selon l’Advanced Resources International Inc. (ARI), ce sont les États-Unis qui sont à la tête des principales ressources, suivis par la Chine et l’Argentine.

L’AIE prévoit que la demande mondiale de gaz devrait continuer d'augmenter dans les années à venir, passant de 21% du mix énergétique mondial en 2013 à 24% en 2040, et ceci en réponse aux énormes besoins d'économies comme celles de la Chine de l'Inde, des pays d'Afrique et du Moyen-Orient. Le gaz serait d'ailleurs la seule énergie fossile dont la part progresserait à l'avenir dans le mix énergétique mondial, alors que baisseraient sur la même période 2013-2040 le pétrole (de 31% à 26%) et le charbon (de 29% à 25%).

L’Europe cherche à diversifier et sécuriser ses approvisionnements

À ce jour, pour s’approvisionner en gaz, l’Europe peut encore en partie compter sur sa production domestique, qui fournit la moitié de la demande, Turquie incluse. Par ailleurs, 30 % des besoins européens en gaz sont actuellement couverts par la Russie. Cette dernière exporte en effet quelque 150 milliards de mètres cubes de gaz par an vers les marchés européens via trois gazoducs, dont l'un traverse l'Ukraine. Face aux tensions récurrentes entre Moscou et Kiev, l'Europe cherche à diversifier et sécuriser ses sources d'approvisionnements.

Les majors investissent massivement dans le gaz naturel

Résolution rapide ou non des épineuses questions géopolitiques, les majors, dont Total, font en tout cas le pari du gaz comme énergie d'avenir et investissent massivement dans ce secteur. Cependant, pour que la demande prévue à la hausse puisse se confirmer, deux conditions devront être réunies :

  • la maîtrise des coûts de production et de construction des centrales électriques,
  • et le maintien sous contrôle des impacts environnementaux du gaz, aussi minimes soient-ils.