Climat : le patron de Total salue un "très bon accord" (à l'AFP)

16/12/2015

Paris, France | AFP

Le patron du géant pétrolier français Total, Patrick Pouyanné, a salué lundi l'adoption à Paris d'un "très bon accord" pour lutter contre le réchauffement de la planète, qui offre aux entreprises un cadre leur permettant d'investir dans des technologies moins polluantes.

Les 195 pays réunis au Bourget, en banlieue parisienne, se sont donné samedi pour objectif de contenir le réchauffement "bien en deçà de 2°C" pour limiter des dérèglements du climat aux conséquences dévastatrices.

"C'est un très bon accord qui donne un signal important", a déclaré Patrick Pouyanné à l'AFP. "Je ne pense pas qu'on pouvait objectivement espérer mieux que ça".

"C'est un signal clair. De ce point de vue-là, c'est bien, parce que cela correspond à ce qu'espérait le monde des entreprises: savoir vers où on va, de façon à intégrer cette dimension dans nos stratégies, dans nos évolutions", a-t-il ajouté.

Le patron du mastodonte du CAC 40 s'est réjoui notamment du fait que l'accord entérine l'importance de donner un prix au carbone, ce qui permet de favoriser les investissements dans les technologies les moins polluantes, en faisant payer aux entreprises leurs émissions de gaz à effet de serre.

"Je pense que le fait même qu'il y ait un accord va ouvrir la voie à un engagement résolu dans l'innovation et dans l'investissement vers des solutions" destinées à régler le problème des émissions, a assuré Patrick Pouyanné.

"Tout cet accord ne fonctionnera que si réellement les acteurs économiques s'engagent", a-t-il ajouté.

Total et neuf autres compagnies pétrolières et gazières mondiales s'étaient engagés en octobre à investir et collaborer davantage pour contribuer à la lutte contre le changement climatique.

"Dans les programmes qu'on veut mener en commun, il y a un programme important sur la capture du carbone, son stockage ou sa réutilisation", a expliqué le dirigeant. "Ca va être un des programmes majeurs, si ce n'est le programme majeur, qu'on va engager collectivement", a-t-il ajouté.

Ce type de technologie, qui peinait jusqu'ici à se développer faute d'incitation économique, devra accompagner l'exploitation des énergies fossiles, qui resteront bien présentes dans le bouquet énergétique mondial au cours des prochaines décennies, même si leur part relative ira en diminuant, a-t-il expliqué.

"Je pense qu'il y aura encore des (énergies) fossiles en 2050, mais qui seront compensées parce qu'on saura capter le CO2 et le neutraliser", a-t-il estimé. "Cela veut aussi dire concrètement, pour moi, que lorsqu'on va me proposer des projets d'investissement, la question des émissions de CO2 et de l'efficacité va être encore plus posée".

Pour ce qui est de l'exploitation pétrolière, "cela veut dire concrètement pour nous qu'il faut qu'on soit sur des actifs pétroliers à coûts les plus bas. Les actifs qui pourront continuer à produire seront les plus efficaces".

Total entend aussi continuer à développer la production de gaz et ses usages, ainsi que les biocarburants. "La croissance qu'on ne va pas trouver du côté du pétrole (...), on peut aller la cherche du côté des énergies renouvelables", a estimé Patrick Pouyanné.

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