Arctic LNG 2 : un projet gazier ambitieux en Russie

17/09/2021

Carte Artic LNG 2

Le projet Arctic LNG 2 consiste à construire trois trains de liquéfaction permettant de produire 19,8 Mtpa de gaz naturel liquéfié (GNL) et 1,6 Mtpa de condensats de base.

Il est situé dans la péninsule de Gydan en Sibérie occidentale russe, au bord du fleuve Ob, face au site de Yamal LNG.

Arctic LNG 2, Limited Liability Company (LLC), gère et détient l’ensemble des actifs. Il s’agit d'une coentreprise de TotalEnergies (10 %), Novatek (60 %), des sociétés chinoises CNPC (10 %) et CNOOC (10 %) et de Japan Arctic LNG – un consortium entre les entreprises japonaises Mitsui et JOGMEC – (10 %).

Le projet Arctic LNG 2 mise sur l’excédent de 7 Gbep des ressources potentielles  du gisement géant à terre d’Utrenneye.

En 2018, la phase d’ingénierie de base (front-end engineering design, FEED) a été achevée et la préparation du site a commencé avec la construction d’installations d’alimentation électrique en amont, le forage de puits de production et la construction du quai.

Les participants au projet ont approuvé la décision d’investissement finale (FID) en septembre 2019.

La construction est en cours et la mise en route du premier train est prévue en 2023 tandis que les deuxième et troisième trains démarreront respectivement en 2024 et 2025.

Un projet d'innovation au cœur de nos stratégies européenne et asiatique

Afin de réduire l’empreinte environnementale et l’exposition du personnel du chantier de construction aux conditions climatiques arctiques, et pour optimiser les coûts industriels, une approche innovante est adoptée pour le projet avec l’installation de structures de liquéfaction sur des plates-formes gravitaires (gravity-based structures, GBS) en béton. Dans le cadre du projet, trois GBS vont être construites sur un nouvaeu chantier, crée à cet effet dans la région de Mourmansk, la Novatek Murmansk Plant (NMP). Ces structures seront ensuite transportées vers le littoral de la péninsule de Gydan pour y être installées. Chaque GBS sera équipée de cuves de stockage de GNL et condensat ainsi que de structures de déchargement.

La localisation de la péninsule de Gydan est propice à une logistique flexible et compétitive. Elle permet de garantir, tout au long de l’année, le transport de GNL vers des terminaux de transbordement dans la région de Mourmansk et dans le Kamchatka, depuis lesquels le GNL sera acheminé vers les marchés européens et d’Asie-Pacifique.

Dans le cadre du projet Arctic LNG 2, 21 nouveaux méthaniers ARC 7 sont conçus et adaptés à une navigation pendant toute l’année sur la route maritime du nord.

La préservation de l’environnement : une priorité pour le projet

L’un des fondements des activités liées au projet est la préservation du milieu arctique – un aspect intégré dans chaque phase de développement du projet, depuis le choix du concept jusqu'à la réalisation et les opérations. Le projet Arctic LNG 2 présente les caractéristiques suivantes, qui permettent une minimisation des impacts sur l’environnement et la biodiversité :

  • Une empreinte environnementale limitée grâce à l’utilisation de GBS qui accueillent les installations de traitement ;
  • Un principe du zéro déchet pour les eaux usées industrielles dans le golfe de l’Ob et la réintroduction des eaux usées traitées dans les gisements, conformément aux exigences réglementaires ;
  • Une consommation d’énergie limitée pour la liquéfaction du gaz grâce au milieu froid dans lequel le projet prend place et l’utilisation de réfrigérants mixtes pour faciliter l’adaptation aux conditions climatiques et la récupération de chaleur et de froid ;
  • Un haut rendement énergétique grâce aux turbines à gaz aérodérivatives de pointe, utilisées pour la production d’énergie ;
  • Une production de GNL inférieure de plus de 30 % à la moyenne du secteur en termes d’intensité d’émissions de gaz à effet de serre, grâce à la minimisation de la consommation d’énergie et du haut rendement énergétique ;
  • Une faible intensité des émissions de méthane, grâce au recyclage du gaz évaporé, suite soit à la reliquéfaction ou à la production d’électricité, ainsi qu’à l'absence de brûlage de gaz de routine ;
  • L’utilisation de méthaniers dernière génération fonctionnant au GNL– le carburant marin le plus propre ;
  • L’utilisation d’une technologie de traitement de pointe et le contrôle des émissions de carbone dans l’ensemble de la chaîne de valeur du GNL.

Dans le cadre du projet Arctic LNG 2, une étude détaillée d’impact environnemental, sécurité et santé a été réalisée (Environmental, Safety and Health Impact Assessment, ESHIA). En ligne avec l'ESHIA et conformément aux normes de performances internationales les plus élevées en matière de protection environnementale et sociétale, un ensemble de mesures à mettre en œuvre a été défini avant le lancement du projet pour réduire l’empreinte environnementale et sociétale et avoir un impact positif sur la biodiversité et les communautés environnantes. Ces mesures seront contrôlées par des organismes tiers.

La stratégie de protection de la biodiversité adoptée dans le cadre du projet comprend les plans et programmes suivants, en cours d’élaboration :

  • Un programme de gestion de la conservation de la biodiversité (Biodiversity Conservation Management Program, BCMP) établi conformément aux recommandations du ministère russe des ressources naturelles et de l’environnement ;
  • Un plan de gestion de la biodiversité (Biodiversity Management Plan, BMP) qui définit les engagements et les mesures identifiés dans l'ESHIA afin d’éviter, de limiter et compenser les impacts sur la biodiversité et les écosystèmes ;
  • Un plan d’action en faveur de la biodiversité (Biodiversity Action Plan, BAP) qui définit les engagements et mesures spécifiques pris dans le cadre du projet, conformément à la norme de performance 6 de la Société financière internationale (International Finance Corporation, IFC) pour la « Conservation de la biodiversité et gestion durable des ressources naturelles vivantes » ;
  • Un programme de suivi et d’évaluation de la biodiversité (Biodiversity Monitoring and Evaluation Program, BMEP) pour mesurer les résultats des plans mis en place.